Monde
Procès collectif des chefs du MS-13 au Salvador : entre quête de vérité et mise en scène
Le jugement de centaines de membres de la Mara Salvatrucha, dont les principaux cadres ont déjà été condamnés à de lourdes peines, oscille entre un travail de mémoire et une opération de communication, selon des spécialistes.
Les visages marqués par le temps, les vingt-deux figures historiques du MS-13 ne sont plus que l’ombre des criminels qui ont plongé le Salvador dans une violence extrême. Accusés d’être responsables de plus de vingt-neuf mille homicides, ils figurent parmi les quatre cent quatre-vingt-six membres de ce gang jugés collectivement depuis deux semaines. Le crâne rasé, les poignets et les chevilles entravés, ils assistent aux audiences depuis leur prison de haute sécurité, installés sur des chaises en plastique, tandis que les débats leur sont retransmis par haut-parleurs.
Le Centre de confinement du terrorisme, inauguré en janvier 2023, incarne la lutte menée par le président Nayib Bukele contre les organisations criminelles depuis 2022. Cette politique a conduit à l’incarcération sans mandat judiciaire d’environ quatre-vingt-douze mille suspects. Les autorités estiment que près de soixante-trois mille membres du MS-13 sont actuellement détenus dans le pays. Des organisations de défense des droits humains craignent que ce procès collectif, en l’absence d’une individualisation des responsabilités pénales, ne conduise à la condamnation d’innocents.
Plébiscité pour avoir considérablement réduit la violence et le nombre d’homicides, le président Bukele justifie cette procédure au nom de la « responsabilité de commandement », allant jusqu’à la comparer au procès de Nuremberg. Pour le criminologue Ricardo Sosa, il s’agit d’un « acte d’exhumation de la vérité ». À l’inverse, Miguel Montenegro, de l’ONG Commission des droits de l’Homme, y voit une opération « médiatique », utilisant la lutte contre les gangs comme prétexte pour justifier l’état d’exception. Ingrid Escobar, de l’ONG Socorro Jurídico, qualifie le procès de « spectacle », soulignant que ces hauts responsables étaient déjà incarcérés bien avant l’arrivée au pouvoir de M. Bukele. Selon elle, trente mille innocents actuellement en détention risquent d’être condamnés à l’issue de ce jugement.
Borromeo Henriquez, surnommé « Diablito de Hollywood », âgé de quarante-sept ans, purge depuis 1998 une peine de quatre-vingt-sept ans pour quatre cent quatre-vingt-dix-sept homicides. Figure historique du MS-13 au Salvador, il avait été expulsé des États-Unis dans les années 1990. À ses côtés comparaissent Carlos Tiberio Ramirez, alias « Snider de Pasadena », quarante-neuf ans, incarcéré depuis 2001 et condamné à quatre-vingt-quatorze ans de prison pour cinq cents homicides, et Dionisio Aristides Umanzor, surnommé « El Sirra de Teclas », quarante-sept ans, arrêté en 1999 et purgeant soixante-sept ans pour cent six assassinats. Elmer Canales, le « Crook de Hollywood », détenu aux États-Unis, est jugé par contumace. Une enquête du média en ligne El Faro avait révélé qu’il avait été libéré par le président Bukele en 2021 dans le cadre d’un « pacte » avec les gangs, ensuite rompu.
Nés dans les rues de Los Angeles au début des années 1990, ces gangs ont terrorisé le Salvador pendant plus de trois décennies, se livrant à l’extorsion, au trafic de drogue, aux assassinats commandités, au trafic d’armes et à d’autres activités illicites. Ils ont contrôlé jusqu’à quatre-vingts pour cent du territoire salvadorien, et leurs hauts dirigeants, même derrière les barreaux, ont longtemps continué à orchestrer leurs opérations, selon le gouvernement. Les chefs du MS-13 ont participé à des pourparlers ayant abouti à des trêves temporaires, révélant leur proximité avec des élus politiques. L’ex-président Mauricio Funes, décédé en 2025, avait été condamné en 2023 à quatorze ans de prison pour avoir négocié avec les gangs. Considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis, le MS-13 a cherché à bâtir « un système de pouvoir alternatif à l’État », conclut le criminologue Ricardo Sosa.
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7 mai 2026 at 8 h 28 min
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