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Anthropic et SpaceX scellent une alliance stratégique pour contrer OpenAI

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Face à une demande qui dépasse ses capacités de calcul, Anthropic a conclu un accord majeur avec SpaceX pour accéder à la puissance du superordinateur Colossus One, un geste qui redessine les équilibres dans la guerre de l’intelligence artificielle.

La jeune pousse californienne Anthropic, en proie à des difficultés croissantes pour répondre à l’afflux de requêtes de ses utilisateurs, a officialisé mercredi un partenariat de grande envergure avec SpaceX, l’entreprise spatiale dirigée par Elon Musk. L’accord prévoit l’utilisation exclusive de la totalité des capacités du centre de données Colossus One, jusqu’alors réservé à xAI, la filiale d’intelligence artificielle du milliardaire. Ami Vora, directrice des produits d’Anthropic, a dévoilé cette information lors de la conférence annuelle de l’entreprise pour les développeurs, organisée à San Francisco.

Les termes financiers et la durée de cette entente n’ont pas été communiqués. Toutefois, Ami Vora a précisé qu’elle permettra à Anthropic de doubler les limites d’utilisation de ses modèles Claude pour ses abonnés payants et d’augmenter de manière significative les quotas alloués aux développeurs. L’annonce a suscité une vive émotion parmi les ingénieurs présents, impatients de disposer de davantage de ressources pour leurs projets.

Depuis plusieurs mois, Anthropic peinait à satisfaire une demande en forte croissance. De nombreux clients professionnels déploraient d’épuiser leur quota en moins de vingt minutes lorsqu’ils utilisaient les modèles les plus avancés. En mars dernier, l’entreprise, qui prépare une entrée en Bourse très attendue, avait dû réduire ces quotas pendant les heures d’affluence, faute de disposer d’un nombre suffisant de processeurs pour traiter l’ensemble des sollicitations.

À l’inverse, xAI se trouve en situation de surcapacité. Son centre de données Colossus, situé près de Memphis dans le Tennessee, n’exploite qu’une fraction de sa puissance de calcul. Cette infrastructure fait l’objet de critiques en raison de son approvisionnement énergétique, assuré par des turbines à gaz dépourvues de permis environnemental, et de sa consommation massive d’eau.

Cette annonce intervient dans un contexte de compétition acharnée entre OpenAI et Anthropic, deux entreprises voisines de San Francisco, pour équiper les entreprises en agents d’intelligence artificielle. Ces assistants semi-autonomes, capables de rédiger du code, d’analyser des documents volumineux ou de traiter des dossiers médicaux, connaissent une adoption accélérée. Mardi, Anthropic a présenté dix agents spécialement conçus pour les banques, les assureurs et les gestionnaires d’actifs. De son côté, OpenAI a officialisé un partenariat avec le cabinet d’audit mondial PwC pour soutenir ses opérations financières.

Cette course à l’innovation se double d’une bataille pour l’accès aux processeurs et à l’énergie nécessaires. La construction accélérée de centres de données aux États-Unis ne suffit pas à combler les besoins. Ces installations, très gourmandes en ressources, suscitent une opposition croissante de la part des citoyens américains, qui dénoncent une hausse de leurs factures d’électricité. Ce sujet pourrait peser dans les élections de mi-mandat prévues cet automne.

Dans le détail, l’accord avec SpaceX devrait fournir à Anthropic plus de 300 mégawatts de puissance d’ici la fin du mois, selon un billet de blog de l’entreprise. Pour maintenir son rythme de croissance, Anthropic a également renforcé ses partenariats avec son associé historique Amazon Web Services, ainsi qu’avec Google et Microsoft. L’entreprise précise entraîner et faire fonctionner Claude sur une large gamme de processeurs, allant des trainium d’AWS aux TPUs de Google en passant par les GPUs de Nvidia. Elle explore également des pistes pour ajouter des capacités supplémentaires en ligne.

Anthropic a par ailleurs signalé son intérêt pour un partenariat avec SpaceX visant à mettre en orbite plusieurs gigawatts de puissance de calcul. L’entreprise a également annoncé son intention d’augmenter ses capacités à l’international, notamment en Asie et en Europe, dans le cadre de son partenariat renouvelé avec Amazon. Très attentive au choix de ses implantations, elle privilégie les pays démocratiques dont les cadres juridiques et réglementaires sont favorables à des investissements de cette ampleur et permettent de sécuriser l’infrastructure.

Anthropic se trouve actuellement en contentieux judiciaire avec l’administration Trump, qui la juge trop progressiste et a ordonné la rupture de tous les contrats la liant à l’entreprise.

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