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La mairie de Fresnes dévastée à la veille de l’investiture du nouvel édile
Des individus cagoulés ont saccagé l’hôtel de ville et des commerces adjacents dans la nuit de vendredi à samedi, peu avant l’installation officielle du conseil municipal. L’événement, perçu par plusieurs élus comme une remise en cause du verdict des urnes, a suscité une vive émotion dans la classe politique.
Les abords de la mairie de Fresnes, dans le Val-de-Marne, portaient encore les stigmates des violences samedi matin. Des vitrines de commerces, dont une auto-école et une agence bancaire, ont été fracturées. Le hall d’accueil de l’édifice public a quant à lui été entièrement vandalisé. Des écrans et du mobilier ont été détruits, tandis que des débris de verre jonchaient le sol.
L’action, survenue vers 21h30 vendredi, a été menée par une dizaine de personnes dissimulées sous des cagoules. Les images de vidéosurveillance, consultées par l’Agence France-Presse, montrent les intrus forcer la porte d’entrée à l’aide d’un engin pyrotechnique avant de pénétrer dans le bâtiment pour y commettre des dégradations systématiques.
Malgré l’ampleur des dégâts, décrits comme considérables pour le fonctionnement des services municipaux, la séance d’installation du nouveau conseil a pu se tenir samedi matin dans une autre salle. L’élu, Christophe Carlier, qui a remporté le second tour des élections municipales avec 45% des voix, a dénoncé une attaque dirigée contre « la maison commune », qu’il estime « clairement liée à l’élection ».
La séance d’investiture s’est déroulée dans un climat tendu. L’opposition de gauche a fait part de difficultés à s’exprimer, pointant notamment l’attitude du ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, présent dans l’assistance. Ce dernier a pour sa part confié que les images du saccage avaient ravivé le souvenir de l’attaque de son domicile lors des événements de l’été 2023. Il a évoqué des « mouvements sous-jacents qui refusent l’autorité » et appelé à une réponse « extrêmement ferme ».
Les réactions politiques ont été nombreuses et unanimes dans la condamnation. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a assuré que tout était mis en œuvre pour identifier et poursuivre les auteurs de cette « atteinte à la République ». La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a dénoncé « la violence déchaînée de ces délinquants qui n’acceptent pas la démocratie », proposant une aide régionale pour renforcer la sécurité publique.
Plusieurs figures de la majorité et de l’opposition ont vu dans cet acte une dimension politique, une forme de vengeance après le résultat du scrutin. Cet incident s’inscrit dans un contexte plus large de tensions observées dans plusieurs communes à l’issue du second tour des municipales, où des élus ont fait état d’intimidations ou d’altercations.
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