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La Colombie accueille un sommet inédit pour accélérer la sortie des énergies fossiles

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Alors que la flambée des prix du pétrole ravive les tensions mondiales, plus de cinquante pays se réunissent à Santa Marta pour tenter de briser l’impasse des négociations climatiques onusiennes.

Au bord de la mer des Caraïbes, où les navires transportant du charbon sont visibles au large, la Colombie organise mardi et mercredi une conférence inédite. Cette réunion rassemble plus de cinquante nations volontaires pour réfléchir à une sortie des énergies fossiles, en réponse aux blocages répétés des COP sur ce sujet. L’initiative, conçue l’an dernier par Bogota et Amsterdam, visait initialement à contourner la paralysie des conférences climatiques annuelles de l’ONU, où la règle du consensus empêche depuis deux ans toute avancée significative contre le pétrole, le gaz et le charbon. Ces combustibles, dont la combustion depuis le XIXe siècle est la cause principale du réchauffement planétaire, sont au cœur des débats.

La hausse des cours du pétrole depuis mars, et donc de l’essence et du kérosène, a donné une urgence supplémentaire à cette rencontre dans la ville portuaire de Santa Marta. Des pays européens, mais aussi le Nigeria, le Canada, l’Angola et le Brésil, y sont représentés. Les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre, comme les États-Unis, la Chine, l’Inde et les nations du Golfe, sont absents, ce qui ne semble déranger personne ici. « Les participants se sentent soulagés de pouvoir aborder ces problèmes sans avoir à débattre de leur importance existentielle », a confié l’émissaire britannique pour le climat, présente sur place.

Elle argue, comme d’autres nations, que le conflit impliquant les États-Unis et Israël contre l’Iran a démontré les risques de la dépendance au pétrole. « Les énergies fossiles sont clairement perçues comme une source d’instabilité », affirme-t-elle. « De nombreux pays sont ici de bonne foi, pour trouver une solution à un défi très complexe et devenu très urgent. » Cela inclut des nations en développement encore très dépendantes du charbon, du pétrole ou du gaz, à l’image de la Colombie, coorganisatrice de la conférence avec les Pays-Bas.

Aucune décision contraignante ne sortira de Santa Marta. Mais les pays entendent se compter et adresser un message formel au reste du monde, accompagné de recettes pour sortir du pétrole. Parmi celles-ci figure la réforme des subventions énergétiques, qui défavorisent souvent les investissements dans le solaire ou l’éolien. Une analyse récente de l’International Institute for Sustainable Development souligne que les États dépensent cinq fois plus pour les énergies fossiles que pour les renouvelables.

Des scientifiques alimentent l’initiative avec un « menu » de douze mesures publié dimanche pour guider concrètement les États. L’une d’elles propose d’« arrêter tout nouveau projet d’extraction ou d’infrastructures pour les énergies fossiles ». « Il ne fait aucun doute qu’il n’y a aucune justification à de nouveaux projets d’exploration », martèle un climatologue brésilien réputé, présent à Santa Marta. « Même sans nouveau projet, la quantité de combustibles fossiles déjà existante fera augmenter les températures de 2,5 °C d’ici 2050 », ajoute-t-il. Le monde en est aujourd’hui à +1,4 °C par rapport au XIXe siècle, et les nations s’étaient fixé en 2015 la limite de 2 °C, voire de 1,5 °C, cette dernière étant en passe d’être dépassée dès cette décennie.

Remplacer les voitures à essence, les chaudières au fioul et les usines à gaz par des équivalents fonctionnant à l’électricité d’origine solaire ou éolienne représente un effort financier colossal. Même les nations les plus déterminées, comme la Colombie du président Gustavo Petro, reconnaissent qu’il leur faudra encore des décennies.

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