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La bataille pour la tête des Républicains s’achève, prélude à la présidentielle


Les militants LR choisissent ce dimanche entre deux visions antagonistes de la droite française, avec en toile de fond les ambitions pour 2027.
Le parti Les Républicains vit un moment décisif ce week-end avec l’élection de son nouveau président. Après une campagne intense de trois mois, les 121 000 adhérents doivent trancher entre Bruno Retailleau, considéré comme favori, et Laurent Wauquiez, dont la dynamique a surpris les observateurs. Ce scrutin interne dépasse largement le cadre partisan, car le vainqueur pourrait bien se positionner comme le principal challenger de la majorité présidentielle dans la perspective de 2027.
Le vote, ouvert depuis samedi après-midi via internet, se clôture ce dimanche à 18 heures. L’annonce des résultats reviendra à la secrétaire générale Annie Genevard au siège parisien du mouvement. La difficulté de prédire l’issue tient à l’explosion des adhésions pendant la campagne, passant de 43 000 à plus de 120 000 membres. Ces nouveaux venus, massivement recrutés par les deux camps, brouillent les pronostics traditionnels.
Si Retailleau bénéficie d’un ancrage solide dans l’appareil du parti, Wauquiez mise sur sa capacité à mobiliser au-delà des cercles traditionnels. « Je vais créer la surprise », a-t-il assuré, confiant dans sa stratégie de campagne axée sur des propositions marquées à droite. L’enjeu dépasse la simple direction du parti : une victoire nette offrirait au lauréat une légitimité forte pour incarner l’alternative conservatrice face à Emmanuel Macron.
Mais les divisions persistent sur la méthode pour désigner le futur candidat présidentiel. Retailleau prône une primaire fermée aux seuls adhérents LR, quand des figures comme Xavier Bertrand ou David Lisnard réclament une consultation élargie à toute la droite. Une position partagée par le centriste Hervé Morin, qui insiste sur la nécessité d’un processus inclusif « de Renaissance aux Républicains ». Wauquiez, lui, rejette catégoriquement toute alliance avec la macronie, dénonçant un risque de dilution idéologique.
L’ombre de 2027 plane sur ce scrutin, comme en témoignent les récentes passes d’armes entre Edouard Philippe et Wauquiez. L’ancien Premier ministre a raillé les propositions sécuritaires du député de Haute-Loire, qui envisageait d’expulser les étrangers fichés vers Saint-Pierre-et-Miquelon. « Du trumpisme aux petits pieds », a ironisé Philippe, signe que la droite modérée voit déjà en Wauquiez un adversaire potentiel. Ce dernier a rétorqué en affirmant sa différence avec la stratégie du « en même temps » macronien.
Ce congrès marque un tournant pour LR, parti qui semblait moribond après le ralliement d’Éric Ciotti au Rassemblement National. L’entrée au gouvernement de plusieurs de ses figures et la perspective d’une recomposition à droite lui ont redonné une forme de visibilité. Reste à savoir si le nouveau président saura transformer cette dynamique en projet crédible pour reconquérir l’Élysée. La réponse commence à s’écrire ce dimanche soir.





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