Économie
DeepL réduit ses effectifs de 25 % pour se recentrer sur l’intelligence artificielle


L’entreprise allemande de traduction automatique annonce la suppression de 250 postes, soit un quart de ses employés, dans le cadre d’une restructuration visant à intégrer l’IA à tous les niveaux de son organisation.
La société DeepL, spécialisée dans les outils de traduction assistée par ordinateur, a annoncé jeudi une réduction de ses effectifs de l’ordre de 250 postes. Cette décision, confirmée par son fondateur et président du directoire Jarek Kutylowski sur le réseau professionnel LinkedIn, s’inscrit dans une stratégie visant à intégrer l’intelligence artificielle dans l’ensemble de ses processus opérationnels. L’entreprise, basée à Cologne dans l’ouest de l’Allemagne, emploie environ un millier de personnes et concurrence des acteurs comme Google Translate ou Reverso.
Fondée en 2017, au moment où l’IA générative commençait à se développer, DeepL conçoit des solutions de traduction automatique pour le texte, les documents et la voix en temps réel. Selon M. Kutylowski, les progrès de l’IA permettent désormais à des équipes réduites, voire à des individus, d’accomplir des missions qui nécessitaient auparavant des groupes entiers de collaborateurs.
Concrètement, le dirigeant entend transformer en profondeur le mode de fonctionnement de son entreprise en recourant à l’intelligence artificielle à chaque étape de l’activité. Les tâches répétitives seront confiées à des systèmes automatisés, tandis que les employés se concentreront sur des missions faisant appel à l’intuition, à la créativité et à la gestion intégrale des projets. Les équipes deviendront plus légères et plus efficaces, avec une hiérarchie simplifiée, des prises de décision accélérées et une réduction des allers-retours qui freinent les grandes structures.
Jarek Kutylowski a précisé que l’IA était déjà largement employée en interne, notamment dans le domaine de l’ingénierie des produits et du support client. Cette annonce s’inscrit dans un contexte plus large de suppressions d’emplois au sein des grandes entreprises technologiques, engagées dans une compétition acharnée autour de l’intelligence artificielle. Le groupe Meta a ainsi annoncé en interne fin avril le licenciement de 8 000 personnes, soit environ 10 % de ses effectifs. Sans mettre explicitement l’IA en avant, son PDG Mark Zuckerberg avait établi en janvier un lien direct entre cette technologie et les économies de coûts.
DeepL, qui envisagerait une introduction en Bourse aux États-Unis selon des informations de Bloomberg datant d’octobre, a également annoncé jeudi l’ouverture d’un bureau à San Francisco.





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