Nous rejoindre sur les réseaux

Économie

La LGV Bordeaux-Toulouse déclarée « irréversible » par le gouvernement, les élus locaux applaudissent avec prudence

Article

le

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a officialisé ce jeudi à Toulouse le caractère désormais irréversible du projet de ligne à grande vitesse du Sud-Ouest, en signant un protocole d’accord qui prévoit le déblocage de près de 500 millions d’euros pour lancer les appels d’offres. Si les élus locaux se félicitent de cette avancée, ils demeurent vigilants quant à la concrétisation effective du chantier.

En déplacement dans la Ville rose, le chef du gouvernement a mis un terme aux incertitudes qui pesaient sur ce dossier majeur d’infrastructure. Il a souligné que l’irréversibilité du projet se traduisait par des engagements financiers concrets, destinés à amorcer les procédures de consultation des entreprises. Cette annonce intervient alors que les collectivités territoriales craignaient un désengagement de l’État, dont la participation était initialement fixée à 40 % du budget total, au même niveau que leur propre contribution, l’Union européenne devant apporter les 20 % restants.

Reconnaissant les obstacles rencontrés, de l’absence de majorité claire à l’Assemblée nationale aux contraintes budgétaires en passant par un calendrier politique resserré, Sébastien Lecornu a estimé qu’il aurait été impensable de ne pas avancer sur des dossiers aussi essentiels que les transports, au même titre que les questions militaires ou énergétiques. Un délai d’un mois a toutefois été accordé pour arbitrer le mode de financement définitif, alors que la piste d’un partenariat public-privé, évoquée par le Conseil d’orientation des infrastructures, suscitait l’inquiétude des partisans du projet.

Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a précisé qu’aucune décision définitive n’avait été prise à ce stade et que les discussions se poursuivraient avec les collectivités. Il a également indiqué que le coût du projet, estimé à 14 milliards d’euros en 2020, pourrait connaître une réévaluation d’environ 20 %. Les premières mises en service, initialement prévues pour 2032 et 2034, pourraient être repoussées respectivement à 2035 pour la liaison vers Toulouse et à 2042 pour celle vers Dax.

Cette visite a également été l’occasion pour le gouvernement d’annoncer une revalorisation du contrat de performance avec la SNCF, porté à 4,5 milliards d’euros contre 3 milliards auparavant. Cette enveloppe doit permettre de rénover jusqu’à 1 000 kilomètres de voies chaque année, contre 750 actuellement. Le ministre des Transports y a vu la preuve que la France reste capable de mener de grands projets tout en entretenant son réseau existant.

Les réactions des élus locaux, bien que positives, n’ont pas été dénuées d’une certaine fermeté. Carole Delga, présidente socialiste de la région Occitanie, a approuvé la signature du protocole tout en appelant à ce que les annonces soient suivies d’effets concrets. Son homologue du département de la Haute-Garonne, Sébastien Vincini, a insisté sur la nécessité d’aller jusqu’au bout du processus. De leur côté, les opposants au projet, qui avaient sollicité un entretien avec le Premier ministre, continuent de dénoncer une initiative en contradiction avec les engagements environnementaux de la France et réclament une modernisation des lignes existantes plutôt que la construction de nouvelles infrastructures.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus