Planète
La bataille des genres paralyse les négociations climatiques à la COP30


Alors que les discussions sur le climat s’intensifient à Belém, un défi inattendu surgit. La définition même du genre devient l’objet de vives controverses entre délégations, menaçant l’adoption d’un plan d’action essentiel.
Les travaux de la conférence climatique brésilienne se heurtent à un obstacle imprévu qui dépasse les traditionnels clivages sur les énergies fossiles. Plusieurs États, parmi lesquels le Paraguay, l’Argentine, l’Iran et le Vatican, contestent actuellement les fondements conceptuels du plan d’action destiné à intégrer la dimension de genre dans les politiques climatiques. Leur méthode consiste à multiplier les annotations en bas de page pour redéfinir les notions de sexe et de genre, une approche qui suscite de vives inquiétudes parmi les négociateurs.
Cette stratégie d’obstruction pourrait établir un précédent problématique pour l’ensemble du processus onusien sur le climat. Des sources diplomatiques redoutent en effet que cette pratique ne s’étende à d’autres sujets de négociation, chaque pays pouvant alors exiger ses propres définitions des concepts fondamentaux. Le Saint-Siège défend ainsi une conception strictement binaire du genre, position partagée par plusieurs autres nations conservatrices. L’Argentine, sous l’administration Milei, a quant à elle radicalement infléchi sa politique en matière de droits des femmes et des personnes LGBT.
L’accumulation de ces réserves suscite un agacement croissant dans les couloirs de la conférence. « La situation devient absurde, avec six annotations différentes pour un seul texte. Devrions-nous en accepter quatre-vingt-dix ? » interroge un participant sous couvert d’anonymat. La secrétaire mexicaine à l’Environnement exprime quant à elle sa profonde préoccupation, estimant que ces manœuvres représentent un recul inacceptable dans la reconnaissance des droits.
Face à cette impasse, la présidence brésilienne a décidé de transférer le dossier du niveau technique au niveau ministériel. Les ministres devront désormais trouver une issue à ce blocage qui fragilise l’ensemble des négociations. Des observateurs avertissent que si chaque nation pouvait modifier par des notes de bas de page des termes aussi fondamentaux que « financement » ou « équité », le cadre multilatéral risquerait de s’effriter.
Pourtant, l’urgence d’une action climatique sensible au genre ne fait aucun doute. Les données des Nations Unies confirment que les femmes subissent de manière disproportionnée les conséquences du dérèglement climatique, particulièrement dans les régions les plus vulnérables. Chargées de la collecte de l’eau et de la sécurité alimentaire, confrontées à une plus grande précarité économique et à un accès restreint aux mécanismes de protection, elles demeurent les premières victimes des catastrophes environnementales. Un paradoxe d’autant plus frappant qu’elles ne représentent que 35% des délégations présentes à Belém, selon les chiffres des organisations spécialisées.
Certains participants suggèrent une solution de compromis. Les pays réticents pourraient formuler des déclarations interprétatives après l’adoption des textes, plutôt que d’en modifier substantiellement le contenu. Cette approche permettrait de préserver l’intégrité du processus décisionnel tout en reconnaissant la diversité des positions nationales. Reste à savoir si cette proposition parviendra à débloquer des discussions dont l’enjeu dépasse largement la sémantique.





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