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Jordan Bardella en Israël, un pas décisif dans la dédiabolisation du RN


Le leader du Rassemblement national s’invite à Jérusalem pour une conférence sur l’antisémitisme, marquant une étape clé dans la stratégie de normalisation du parti.
Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), s’apprête à effectuer un déplacement symbolique en Israël. Invité à une conférence internationale sur la lutte contre l’antisémitisme, il entend ainsi renforcer l’image d’un parti en pleine mutation. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie de longue haleine visant à effacer les stigmates du passé, notamment les propos controversés de Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front national, ancêtre du RN.
Depuis son arrivée à la tête du parti, Marine Le Pen a multiplié les efforts pour rompre avec l’héritage antisémite de son père. Elle a exclu des membres controversés, y compris Jean-Marie Le Pen lui-même, et a cherché à se positionner comme une protectrice des communautés juives en France. Cependant, malgré ces tentatives, le RN n’avait jamais été officiellement invité en Israël, un pays sensible aux questions mémorielles et historiques.
L’invitation de Jordan Bardella et de Marion Maréchal, eurodéputée et figure montante du parti, marque un tournant. Elle témoigne d’une reconnaissance, certes partielle, de la part d’Israël, même si certains membres du gouvernement israélien expriment des réserves. Cette démarche s’inscrit dans un contexte électoral favorable pour le RN, qui a réussi à séduire une partie de l’électorat juif français, notamment dans des quartiers parisiens comme les Buttes-Chaumont ou à Sarcelles, surnommée la « petite Jérusalem ».
Pourtant, cette stratégie de normalisation ne fait pas l’unanimité. Des voix critiques, comme celle du philosophe Bernard-Henri Lévy, ont dénoncé cette initiative, annulant leur participation à la conférence. Des experts internationaux, comme David Hirsch, ont également mis en garde contre le risque de légitimer des partis d’extrême droite européens, dont certains comptent encore des membres aux sympathies néo-nazies.
Le président israélien Isaac Herzog a pris ses distances avec l’événement, soulignant les tensions persistantes autour de cette démarche. Par ailleurs, le contexte régional, marqué par la reprise des bombardements israéliens sur Gaza, ajoute une dimension complexe à cette visite. Jordan Bardella a adopté une position prudente, refusant de condamner ou de soutenir explicitement les actions israéliennes, tout en affirmant son attachement à l’alliance franco-israélienne.
Cette visite en Israël représente donc une étape cruciale dans la dédiabolisation du RN, mais elle reste fragile. Si elle permet au parti de se rapprocher d’une partie de l’électorat juif, elle ne suffit pas à effacer entièrement les soupçons qui pèsent sur son passé. Le RN devra poursuivre ses efforts pour convaincre de sa transformation, tout en évitant de tomber dans une surenchère pro-israélienne qui pourrait être perçue comme une tentative de racheter les erreurs historiques du parti.





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