Politique
Jérôme Guedj lance sa candidature pour une gauche « républicaine » en opposition frontale à Mélenchon


Le député socialiste de l’Essonne devient le premier candidat officiel du PS pour 2027. Il entend incarner une ligne universaliste et laïque, explicitement distincte de celle de La France insoumise.
La course à l’Élysée s’enrichit d’une nouvelle candidature à gauche. Jérôme Guedj, élu socialiste de l’Essonne, a officialisé sa volonté de briguer la présidence de la République. Son entrée en lice vise à porter, selon ses termes, la voix d’une « gauche républicaine », attachée à la laïcité et à l’universalisme, en nette rupture idéologique avec Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise. Cette annonce intervient dans un paysage politique déjà dense, où plusieurs figures, de Marine Tondelier à Raphaël Glucksmann en passant par François Ruffin ou Olivier Faure, sont pressenties ou se positionnent.
L’élu, qui se présente comme le défenseur du « courage de la nuance », a fixé un cadre strict à sa campagne. Il a d’ores et déjà exclu de participer à la primaire de la gauche prévue en octobre, un processus qu’il qualifie de « primaire de division ». Cette prise de distance s’inscrit dans une stratégie visant à affirmer l’identité propre du Parti socialiste face à d’autres forces, notamment celle de Raphaël Glucksmann, dont il salue la clarté tout en revendiquant une légitimité concurrente.
La trajectoire politique de Jérôme Guedj illustre les fractures qui traversent la gauche. Ancien proche de Jean-Luc Mélenchon et artisan de l’alliance de la Nupes en 2022, il a rompu publiquement avec le leader insoumis, pointant notamment des divergences sur la qualification des attaques du 7 octobre contre Israël. Il avait ensuite refusé de se représenter sous la bannière du Nouveau Front populaire lors des législatives de 2024. Désormais, il se revendique d’une ligne « réformiste », ouverte au compromis y compris avec le centre, tout en se défendant de tout basculement vers le social-libéralisme.
L’objectif affiché de sa candidature est d’éviter à tout prix un second tour opposant un candidat de La France insoumise à celui du Rassemblement national, un scénario qu’il qualifie de pire des cas. Pour lui, la ligne incarnée par Jean-Luc Mélenchon génère un « rejet absolu » et une forme de peur dans l’électorat. En interne, sa démarche suscite des réactions contrastées. Si sa légitimité à se présenter est reconnue, certains au sein du PS s’interrogent sur le risque de fragmentation, estimant qu’une candidature supplémentaire, en dehors de tout cadre de régulation démocratique, pourrait affaiblir la capacité de la gauche à faire barrage à l’extrême droite.





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