Culture
Jean Dujardin affronte l’infiniment petit dans un drame fantastique
L’acteur oscarisé porte seul à l’écran ce remake du classique de 1957, une plongée métaphysique où son personnage voit son existence basculer.
Dans « L’homme qui rétrécit », en salles cette semaine, Jean Dujardin relève un défi artistique remarquable. Pendant la majeure partie de ce récit fantastique, il évolue seul face à la caméra, revisitant le film culte de Jack Arnold. L’interprète y campe Paul, employé dans la construction navale, confronté à un phénomène inexplicable lors d’une sortie en mer.
Ses habits commencent à flotter étrangement sur son corps, ses perceptions se modifient. Le personnage prend conscience qu’il est victime d’une transformation insidieuse, son corps diminuant progressivement. Cette métamorphose physique s’accompagne de bouleversements dans son quotidien. Son domicile, auparavant havre de paix, se transforme en territoire périlleux. Les créatures domestiques deviennent des prédateurs, les bruits familiers se muent en assauts sonores.
Marie-Josée Croze incarne son épouse Élise, spectatrice désemparée de cette involution. Alors que Paul tente d’échapper à son félin domestique, il chute dans la cave, espace qui devient son nouveau monde. Le film dépeint son combat pour survivre tout en s’adaptant à sa condition nouvelle, une allégorie sur la place humaine dans l’univers.
L’initiative de ce projet revient à Jean Dujardin lui-même, qui avait découvert avec fascination l’œuvre originale durant sa jeunesse. Séduit par cette réflexion sur la dignité face à l’adversité, il en a proposé le remake au producteur Alain Goldman. Le réalisateur Jan Kounen, avec qui il avait collaboré pour « 99 francs », a été choisi pour sa vision artistique.
Le tournage a exigé une implication particulière de l’acteur, confronté à d’immenses décors bleus où tout devait être imaginé. Il souligne avoir particulièrement apprécié ce travail introspectif, jouant davantage avec son mental qu’avec son regard. La caméra épouse le point de vue du personnage, suivant ses perceptions changeantes au fil de sa métamorphose.
Entre fantastique et quête existentielle, le film se veut une immersion dans l’intimité d’un être en mutation. Jean Dujardin exprime son souhait que les spectateurs puissent s’identifier à ce parcours hors norme. Quant à son propre avenir dans le cinéma fantastique, l’acteur reste ouvert aux projets singuliers, sans vouloir s’engager dans des productions convenues.
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