Société
Gabriel Attal dessine les fondations d’une refonte républicaine pour 2027
Lors du meeting de rentrée de Renaissance à Arras, le secrétaire général du parti a présenté sa vision d’une « nouvelle République », marquant une distance assumée avec l’héritage macroniste tout en visant l’élection présidentielle.
Devant près de 3 000 militants rassemblés au parc des Expositions d’Arras, Gabriel Attal a prononcé un discours structurant, affirmant la nécessité d’une refonte profonde des institutions et des politiques publiques. Sans jamais citer explicitement le président de la République, il a souligné que l’époque des « hommes providentiels » était révolue et appelé à un partage du pouvoir plus équilibré.
L’absence notable de plusieurs figures majeures du parti, dont Élisabeth Borne et Aurore Bergé, n’a pas échappé aux observateurs. Certains cadres ont évoqué des consignes venues de l’Élysée pour boycotter l’événement, signe des tensions persistantes entre la direction de Renaissance et l’entourage présidentiel. Seuls deux ministres démissionnaires, Agnès Pannier-Runacher et Gérald Darmanin, étaient présents au premier rang.
Le secrétaire général a pointé la dissolution de l’Assemblée nationale comme source principale de l’instabilité politique actuelle, rompant ainsi avec la ligne officielle de l’exécutif. Il a également exprimé son soutien au nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu, tout en maintenant une posture autonome.
Parmi les propositions avancées figurent la suppression de l’âge légal de départ à la retraite au profit d’un système par points, l’instauration d’un permis à points pour l’immigration, et l’inscription dans la Constitution d’un « principe de non-régression sociétale ». Sur le plan institutionnel, M. Attal a évoqué une réduction du nombre de parlementaires, la suppression d’un échelon territorial et un recours accru au référendum.
Sur le volet fiscal, il s’est opposé à toute imposition supplémentaire, notamment sur les grandes fortunes, au motif qu’elle handicaperait la compétitivité des entreprises. Une position qui contraste avec les attentes d’une partie de sa propre formation, y compris dans son aile droite.
Alors que Renaissance doit composer avec le Parti socialiste pour éviter une motion de censure, Gabriel Attal a assuré que son mouvement ne ferait pas obstacle aux compromis nécessaires, tout en réservant son droit de les critiquer. Le parti reste attaché à la réforme des retraites de 2023, tout en admettant la nécessité d’ajustements.
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