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Fillon face à la justice : le verdict tant attendu dans l’affaire des emplois fictifs


Plus de huit ans après les premières révélations, l’ancien Premier ministre connaîtra enfin sa peine pour détournement de fonds publics.
La cour d’appel de Paris s’apprête à rendre son verdict ce mardi après-midi dans le dossier emblématique des emplois présumés fictifs de Penelope Fillon. L’ancien chef du gouvernement, âgé de 71 ans, encourt une lourde sanction après avoir été définitivement reconnu coupable d’avoir utilisé des fonds publics pour rémunérer son épouse sans justification probante.
Lors des dernières audiences, le parquet a requis quatre ans de prison avec sursis, une amende de 375 000 euros et une interdiction d’exercer tout mandat électif pendant dix ans. Ces demandes reprennent en grande partie la condamnation initiale prononcée en 2022, à l’exception de l’année d’emprisonnement ferme annulée par la Cour de cassation pour vice de motivation.
L’affaire, qui avait éclaté en pleine campagne présidentielle de 2017, avait précipité la chute du candidat de la droite, éliminé dès le premier tour. François Fillon, qui affirme aujourd’hui s’être reconverti dans le conseil, a évoqué lors de son audition un traitement judiciaire « particulier », lié selon lui à son statut d’ancien prétendant à l’Élysée.
Outre les peines pénales, le volet financier du dossier reste en suspens. Les magistrats doivent statuer sur le montant exact des indemnités dues à l’Assemblée nationale, après que la plus haute juridiction judiciaire ait partiellement infirmé l’évaluation initiale. Près de 700 000 euros ont déjà été restitués, conformément à un échéancier établi avec l’institution parlementaire.
Penelope Fillon et Marc Joulaud, ancien suppléant de l’élu, voient quant à eux leurs condamnations définitives confirmées. L’épouse de l’ex-Premier ministre écope de deux ans de sursis et d’une amende identique à celle de son mari, tandis que son collaborateur a été sanctionné par trois ans de mise à l’épreuve.
L’audience du 29 avril dernier avait permis d’entendre les ultimes arguments des parties. Les défenseurs des prévenus ont tenté de minimiser les faits en invoquant des pratiques répandues au Palais-Bourbon, quand le représentant de l’Assemblée a insisté sur l’absence totale de preuves d’un travail effectif. Le délibéré mettra un point final à cette saga judiciaire qui a durablement marqué la vie politique française.





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