Économie
Escroquerie « Carton rouge » : jusqu’à huit ans de prison pour un réseau international


Un vaste système frauduleux impliquant des centaines de victimes et des millions d’euros détournés vient de connaître son épilogue judiciaire.
Le tribunal correctionnel de Nancy a rendu son verdict dans une affaire d’escroquerie en bande organisée d’une ampleur rare. Vingt individus ont écopé de peines allant jusqu’à huit ans d’emprisonnement, tandis que deux autres ont été relaxés. Ce réseau, piloté depuis Israël avec des relais en France, a escroqué plus de mille personnes et plusieurs clubs de football professionnels, pour un préjudice global estimé à 28 millions d’euros.
Le principal instigateur, Mickaël Ibgui, toujours en fuite, a été condamné à huit ans de prison par défaut. Son associé, Youval Timsit, également en cavale, a reçu sept ans d’incarcération. Fabrice Houta, identifié comme le responsable des opérations à Marseille, où étaient conçus les sites frauduleux, a quant à lui écopé de cinq ans derrière les barreaux.
Les méthodes employées par les escrocs reposaient sur des appels téléphoniques ciblant des particuliers ayant laissé leurs coordonnées sur des plateformes de vente de diamants ou de cryptomonnaies. Sous de faux prétextes, les victimes étaient persuadées de verser des sommes parfois colossales, atteignant plusieurs centaines de milliers d’euros. Les clubs de football de Sochaux, Angers et Toulouse figuraient parmi les cibles, ayant été dupés par de fausses négociations concernant des transferts de joueurs.
Si les peines prononcées ont été globalement sévères, certaines condamnations ont été assorties de sursis, notamment pour les complices ayant joué un rôle secondaire, comme les informaticiens chargés de créer les interfaces frauduleuses ou les prête-noms utilisés pour blanchir l’argent. En outre, la majorité des condamnés se voient interdire l’exercice d’activités commerciales ou la direction d’entreprises pour des périodes allant jusqu’à quinze ans.
Les victimes, dont 1.046 se sont constituées parties civiles, ont obtenu gain de cause avec une ordonnance de remboursement des sommes extorquées, ainsi qu’une indemnisation pour préjudice moral. Toutefois, la question des compensations effectives reste en suspens, la justice n’ayant saisi qu’une fraction des fonds détournés.
Cette affaire, qualifiée d’exceptionnelle par son ampleur, pourrait marquer un tournant dans la lutte contre la cybercriminalité organisée. Les associations de défense des victimes espèrent qu’elle servira de référence pour mieux encadrer les futures procédures et renforcer la protection des particuliers face à ces arnaques sophistiquées.





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