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En Éthiopie, une oasis de soins pour les ânes, piliers de l’économie locale


Dans la capitale Addis-Abeba, une clinique vétérinaire dédiée aux ânes redonne espoir à des milliers de familles dépendantes de ces animaux indispensables.
Au cœur de la frénésie urbaine d’Addis-Abeba, une structure unique offre un répit bienvenu aux ânes, ces travailleurs infatigables souvent négligés. Ces équidés, au nombre de neuf millions en Éthiopie, constituent un maillon essentiel de l’économie, tant en milieu rural qu’urbain. Pourtant, beaucoup endurent des conditions de vie difficiles, marquées par la surcharge, les blessures et le manque de soins.
Près du gigantesque marché de Merkato, la clinique du Donkey Sanctuary accueille chaque jour des dizaines d’animaux en détresse. Vétérinaires et soignants s’activent pour traiter sabots abîmés, coliques ou infections oculaires, tandis que les propriétaires, souvent démunis, attendent avec anxiété. Parmi eux, Guluma Bayi a parcouru plus d’une heure et demie à pied avec ses deux ânes malades. « Sans eux, je ne peux plus subvenir aux besoins de ma famille », confie-t-il, soulagé de voir ses compagnons reprendre des forces après quelques heures de traitement.
En Éthiopie, ces animaux sont bien plus qu’un simple moyen de transport. Ils labourent les champs, acheminent l’eau ou les marchandises, et permettent à des milliers de foyers de survivre dans un contexte économique précaire. « Si tu n’as pas d’âne, tu es un âne toi-même », rappelle un proverbe local, soulignant leur importance vitale. Pourtant, leur quotidien est rude : charges excessives, blessures non soignées et violences fréquentes.
Avant l’existence de ce centre, les propriétaires recouraient souvent à des remèdes traditionnels, parfois inefficaces voire dangereux. Aujourd’hui, les soins prodigués ici sauvent des vies animales et humaines. Derege Tsegay, l’un des vétérinaires, examine un âne souffrant de troubles digestifs après avoir ingéré des déchets plastiques, un fléau courant en ville. « Ces animaux mangent ce qu’ils trouvent, faute de pâturages », explique-t-il, tout en effectuant un geste technique pour soulager l’animal.
Pour des hommes comme Chane Baye, âgé de 61 ans, ces soins gratuits représentent une bouée de sauvetage. Ses deux ânes, qui transportent des sacs de céréales, lui assurent un revenu quotidien vital. « Avant, on devait se débrouiller seuls. Maintenant, ils sont pansés et soignés », se réjouit-il.
Dans un pays où plus d’un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté, chaque âne en bonne santé est une victoire contre la précarité. Cette clinique incarne ainsi bien plus qu’un refuge pour animaux : elle est un pilier discret mais crucial de la résilience économique et sociale de toute une communauté.





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