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Emmanuel Grégoire lance une concertation citoyenne sur le temps scolaire à Paris
Face à la pression grandissante provoquée par les révélations de violences dans les écoles, le maire de Paris a installé lundi une convention citoyenne chargée de repenser l’organisation du temps périscolaire.
Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a ouvert lundi une vaste concertation sur les rythmes scolaires en vigueur depuis 2013, dans un contexte tendu marqué par des affaires de violences sexuelles dans les établissements de la capitale. L’édile socialiste espère ainsi apaiser les inquiétudes des familles, ébranlées par une série de révélations. « Vous disposez d’une liberté totale dans vos échanges et vos propositions », a-t-il déclaré en installant la « convention citoyenne sur la protection et les temps de l’enfant à l’école », réunie dans la salle du Conseil de l’Hôtel de ville.
Un panel de quatre-vingts parents, sélectionnés par tirage au sort parmi plus de mille cinq cents volontaires et représentatif des familles parisiennes, participera aux travaux. Ce dispositif s’inspire de la convention nationale sur les temps de l’enfant lancée en 2025. La mission confiée à ce groupe consiste à produire un « avis éclairé » sur l’organisation du temps scolaire, afin que « tous les enfants puissent apprendre en sécurité et s’épanouir, dans le respect des exigences de protection, d’inclusion, de mixité, d’égalité et de réussite », précise la mairie.
L’objectif est notamment de réduire la fragmentation des temps périscolaires et de garantir qu’à la rentrée, aucun animateur ne se retrouve seul avec un enfant, comme Emmanuel Grégoire s’y était engagé durant sa campagne. « Pour pouvoir s’interroger sur la qualité de l’enseignement, il faut d’abord assurer la sécurité des enfants », a insisté le maire, qui a dévoilé en avril un plan d’action de vingt millions d’euros destiné à réformer le périscolaire. Depuis le début de l’année 2026, soixante-dix-huit agents municipaux ont été suspendus, dont trente et un pour des soupçons de violences sexuelles. Le parquet de Paris a annoncé dimanche avoir ouvert des enquêtes pour de possibles violences dans quatre-vingt-quatre écoles maternelles, une vingtaine d’écoles élémentaires et une dizaine de crèches.
« Ces chiffres sont vertigineux. Et malheureusement, tout le monde sait que nous ne voyons encore qu’une partie de la réalité », a réagi Barka Zerouali, porte-parole du collectif #MeTooEcole. « Nous prenons acte de cette convention citoyenne, c’est une bonne chose que ce sujet devienne enfin une priorité politique. Mais avant de demander aux citoyens d’imaginer des solutions, il faut d’abord établir un diagnostic précis de ce qui a dysfonctionné », a-t-elle ajouté, réclamant un « état des lieux national ».
La convention procédera à des auditions d’experts, de professionnels, d’organisations représentatives et d’associations, et effectuera plusieurs visites de terrain avant de rendre ses conclusions le 22 juin. En attendant ces recommandations pour définir une nouvelle organisation, M. Grégoire s’est dit personnellement « favorable » au maintien de la semaine de quatre jours et demi, « mais selon une organisation différente ». Paris est l’une des rares grandes villes à avoir conservé ce rythme instauré par la réforme de 2013, après d’intenses débats. Dans les six cent vingt écoles de la capitale, le temps périscolaire est programmé le mardi et le vendredi de quinze heures à seize heures trente, ainsi que le mercredi après-midi.
Revenir à la semaine de quatre jours, comme le réclame notamment la droite parisienne, reviendrait à « ne pas respecter l’esprit de la réforme, qui vise à avoir plus de jours d’enseignement dans la semaine et moins d’heures par jour pour apprendre mieux », a argumenté le maire. « La semaine de quatre jours et demi est très bien. Ce qu’il faut modifier, c’est la professionnalisation des animateurs », a témoigné Jonathan Petgna, père de deux enfants scolarisés dans le seizième arrondissement et participant à la convention. « Les parents doivent pouvoir avoir confiance dans leur école. Des erreurs ont été commises, mais il ne faut pas jeter l’opprobre sur tous les professionnels. L’immense majorité d’entre eux sont de très grands professionnels », a défendu Emmanuel Grégoire.
Alors que certains parents estiment que les changements n’interviennent pas assez rapidement, plusieurs « mesures d’urgence » du plan d’action sont déjà opérationnelles. La mairie cite notamment un processus de recrutement renforcé et une cellule d’écoute qui, en cas de signalement, entraîne la suspension immédiate de l’animateur. Cette procédure s’applique aussi bien en cas de suspicion de violences sexuelles que de violences éducatives « ordinaires », ce qui suscite le mécontentement des syndicats de la filière. Les quatorze mille animateurs sont appelés à faire grève jusqu’à vendredi pour dénoncer des « suspensions arbitraires » dans un secteur « en sous-effectif chronique ».
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