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Ebola en RDC : La défiance gagne du terrain au cœur de l’épidémie

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Dans le foyer de la flambée épidémique, à Mongbwalu, la population oscille entre incrédulité et crainte face à la progression d’un virus qui a déjà fait des dizaines de victimes.

Au sein des collines verdoyantes de la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, la cité de Mongbwalu et ses quelque 130 000 habitants vivent sous la menace d’une résurgence du virus Ebola. Cette région, devenue l’épicentre de la crise sanitaire, enregistre des centaines de cas suspects et un lourd tribut humain, tandis que la maladie étend son emprise sur les provinces limitrophes et au-delà des frontières, jusqu’en Ouganda. Les ruelles en terre battue voient circuler orpailleurs et commerçants, dont les déplacements quotidiens vers les territoires voisins compliquent l’endiguement du mal.

Dans ce contexte, la réponse sanitaire peine à s’imposer face à un climat de méfiance. À l’hôpital local, une modeste structure entourée de végétation, les équipes médicales s’activent avec des moyens limités. Le dispositif de lavage des mains se résume à de simples seaux en plastique, et si des organisations non gouvernementales ont apporté leur soutien, une tente médicale prêtée par Médecins Sans Frontières a récemment été incendiée durant la nuit, ne laissant qu’une armature calcinée. Un incident qui reflète les tensions persistantes, déjà observées lors de précédentes flambées.

La défiance puise ses racines dans l’incompréhension et les croyances locales. Les enquêtes épidémiologiques ont retracé l’origine présumée de l’épidémie : un premier décès à Bunia, la capitale provinciale, suivi du rapatriement du corps vers Mongbwalu dans un véhicule ordinaire. Le cercueil, endommagé par les routes défoncées, aurait laissé apparaître la dépouille, suscitant le refus de la famille de procéder à l’inhumation dans ces conditions. Lorsque les morts se sont multipliés au sein de la communauté, certains ont attribué ces disparitions à des causes mystiques, allant jusqu’à vouloir brûler le cercueil incriminé. Un représentant des médecins traditionnels locaux exprime son inquiétude face à ceux qui jugent la maladie factice et appelle au respect des gestes barrières.

Les autorités sanitaires ont reconnu un retard dans l’identification du virus. Des tests préliminaires menés au laboratoire provincial avaient écarté la piste Ebola, laissant la psychose et la contagion s’installer avant qu’une analyse plus poussée à Kinshasa ne confirme la nature de l’épidémie. Dans les rues de Mongbwalu, une jeune habitante de 26 ans témoigne de la réalité du fléau, évoquant les décès survenus dans son voisinage et réclamant l’accès aux vaccins, sans savoir qu’aucun traitement n’existe pour la souche identifiée, le virus Bundibugyo. La peur et le déni continuent de hanter cette région reculée, alors que la catastrophe sanitaire s’aggrave.

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