Planète
Des agriculteurs campent sur l’A64, déterminés à tenir jusqu’aux fêtes

La colère gronde dans le sud-ouest de la France. Des éleveurs ont entamé un blocage autoroutier pour protester contre la politique d’abattage des troupeaux touchés par une épizootie, affirmant leur volonté de maintenir l’action durant les prochaines semaines.
Un barrage de tracteurs et de ballots de paille obstrue depuis vendredi l’accès à l’autoroute A64, à hauteur de Carbonne, en Haute-Garonne. Sur ce campement improvisé, une centaine d’agriculteurs se relaient, bien décidés à ne pas céder. Des sapins accrochés aux glissières de sécurité symbolisent leur résolution. « S’il le faut, nous resterons ici pour Noël », assure l’un des manifestants, résumant l’état d’esprit qui prévaut sur les lieux.
Les protestataires contestent vigoureusement le protocole sanitaire en vigueur, qui impose l’élimination de l’ensemble d’un cheptel dès lors qu’un ou plusieurs bovins sont diagnostiqués positifs. Pour eux, cette mesure est vécue comme une absurdité administrative et une menace existentielle. « Tout fonctionne à l’envers », déplore un jeune ouvrier agricole présent sur les lieux. Il évoque, amer, l’abattage récent d’un troupeau entier dans une exploitation voisine, malgré l’opposition des professionnels.
La mobilisation dépasse la seule question sanitaire. Elle cristallise un profond malaise, nourri par les difficultés économiques chroniques, la complexité administrative et les inquiétudes liées à des accords commerciaux internationaux. « Nous ne parvenons plus à nous dégager un revenu décent », confie un céréalier, pointant l’alourdissement constant des charges. La transmission des exploitations et l’avenir même de la profession sont au cœur des préoccupations.
Certains visages sont familiers, ayant déjà participé aux mouvements de colère de début 2024. Ils constatent, non sans amertume, la résurgence d’une contestation qu’ils pensaient avoir portée. « Le peuple agricole se réveille à nouveau », estime une figure régionale du mouvement, tout en appelant à l’unité au-delà des clivages syndicaux. L’objectif affiché est d’éviter toute escalade violente, mais la détermination est ferme. L’espoir est désormais placé dans une réponse gouvernementale jugée à la hauteur des enjeux, sans quoi le mouvement pourrait, selon plusieurs participants, essaimer bien au-delà de la région Occitanie.

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