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Canicule et baignades sauvages : l’été 2025 marqué par une flambée des noyades mortelles en France

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Avec 409 décès par noyade recensés entre juin et septembre, l’été 2025 a connu une hausse alarmante de 16 % par rapport à l’année précédente. Une vague de chaleur précoce et la fréquentation de zones de baignade non surveillées sont pointées du doigt par les autorités sanitaires.

L’été 2025 restera dans les annales comme l’un des plus meurtriers en matière de noyades en France. Selon le bilan annuel de Santé publique France, 1 418 incidents liés à la baignade ont été enregistrés sur l’ensemble du territoire entre le 1er juin et le 30 septembre, dont 409 ont entraîné un décès. Ces chiffres traduisent une progression significative par rapport à l’été 2024, avec une augmentation de 14 % des noyades et de 16 % des décès.

Les jeunes adolescents constituent la catégorie la plus touchée par cette hausse. Vingt et un jeunes âgés de 13 à 17 ans ont perdu la vie durant cette période, contre dix un an plus tôt. La plupart de ces drames se sont produits fin juin, au cœur d’une vague de chaleur particulièrement intense et précoce, alors que les températures dépassaient les 35 degrés sur une large partie du pays. Ces conditions météorologiques ont poussé de nombreux jeunes à se baigner dans des rivières, des lacs ou des étangs, des lieux souvent dépourvus de surveillance.

Yann Le Strat, directeur scientifique de Santé publique France, a souligné lors d’une conférence de presse l’importance d’adapter la prévention aux nouveaux défis posés par le changement climatique. L’agence a ainsi décidé d’avancer le début de sa surveillance au 1er mai, afin de couvrir une période de baignade qui s’allonge avec des printemps plus cléments. Les bilans seront également publiés à un rythme plus soutenu, avec des points intermédiaires prévus le 11 juillet, avant le 15 août et le 31 septembre.

Entre le 19 juin et le 8 juillet, une période marquée par une canicule record ayant conduit à la mise en place de la vigilance rouge dans seize départements, 355 noyades ont été recensées, soit une explosion de 135 % par rapport à la même période en 2024. Parmi elles, 106 ont été mortelles, un bond de 172 % en un an. Aymeric Ung, chargé de projets à Santé publique France, a expliqué que ces chiffres s’expliquent en grande partie par le fait que la plupart des lieux de baignade en milieu naturel n’étaient pas encore surveillés, les vacances scolaires n’ayant pas débuté.

Près de six mineurs noyés sur dix ont perdu la vie dans un cours d’eau, une rivière, un fleuve ou un plan d’eau, contre deux sur dix dans une piscine privée familiale. Les baignades dites sauvages présentent des risques spécifiques, comme le courant, les variations de profondeur ou les écarts de température, sans oublier l’éloignement des secours qui retarde leur intervention.

Santé publique France a renouvelé ses recommandations de prudence : éviter la consommation d’alcool avant de se baigner, se renseigner sur les conditions météorologiques, reporter sa baignade en cas de fatigue et privilégier les zones aménagées et surveillées. Agnès Verrier, experte en prévention, a insisté sur la nécessité d’une surveillance active et permanente des enfants, qui doivent apprendre à nager le plus tôt possible. « On se baigne avec eux, et quand ils jouent au bord de l’eau, on ne les quitte pas des yeux, on ne lit pas, on ne regarde pas son téléphone », a-t-elle précisé.

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