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Apollonia : l’arnaque immobilière du siècle devant la justice, verdict en 2026


Plus de 760 victimes, 1,2 milliard d’euros de préjudice : le procès fleuve s’achève à Marseille, laissant derrière lui des vies brisées et des accusés sans remords.
Le tribunal correctionnel de Marseille a clos les audiences après neuf semaines d’un procès hors normes. Au cœur des débats, la société Apollonia, spécialisée en conseil patrimonial, accusée d’avoir orchestré une vaste fraude immobilière dans les années 2000. Près de 760 plaignants, majoritairement des professionnels de santé, ont témoigné de leur désarroi après avoir été piégés dans des investissements présentés comme rentables, mais qui les ont plongés dans le surendettement.
Le mécanisme était implacable : les clients, souvent médecins, étaient incités à acheter des dizaines de biens sous le régime de loueur en meublé professionnel (LMP), avec la promesse d’un autofinancement mirobolant. En réalité, les montages financiers dissimulaient des surfacturations, des prêts bancaires truqués et des commissions exorbitantes. Résultat : des milliers de lots vendus pour un préjudice global estimé à 1,2 milliard d’euros.
Parmi les victimes, des récits glaçants ont marqué les audiences. Comme celui de cette gynécologue dont le mari, rongé par la détresse, a succombé à une surdose médicamenteuse. D’autres ont évoqué leur humiliation d’avoir été dupés par des discours commerciaux ultra-convaincants, appuyés par des procurations falsifiées.
Face à eux, les principaux accusés, dont le couple Badache, fondateurs d’Apollonia, ont affiché une indifférence troublante. Leur train de vie luxueux – jet privé, résidences à Marrakech ou en Suisse – contrastait cruellement avec le drame des plaignants. Lors des audiences, Jean Badache a multiplié les provocations, comparant leur éventuelle condamnation à une « dinde de Noël ».
Le parquet a requis dix ans de prison ferme contre les Badache, ainsi que des peines sévères pour leurs collaborateurs. La défense, elle, a plaidé la relaxe, invoquant un délai trop long depuis les faits et l’absence de preuves tangibles.
Le verdict, attendu pour janvier 2026, devra trancher l’un des plus gros dossiers d’escroquerie en bande organisée. En attendant, les victimes espèrent enfin tourner la page, mais restent marquées par l’impunité apparente des promoteurs immobiliers, absents du procès.





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