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À Metz, le pape Léon XIV refuse que l’on tue au nom de Dieu
Devant les représentants des différentes religions réunis en Moselle, le souverain pontife a dénoncé l’usage du nom divin pour justifier la violence.…


Devant les représentants des différentes religions réunis en Moselle, le souverain pontife a dénoncé l’usage du nom divin pour justifier la violence. Cette dernière journée française de Léon XIV prend aussi des airs de rendez-vous européen.
Léon XIV n’a pas mâché ses mots. Lors d’une rencontre interreligieuse organisée au centre de congrès Robert Schuman, à Metz, le pape a affirmé que « invoquer le nom de Dieu pour légitimer la violence ou l’oppression est une profanation de ce nom ». Il a poursuivi en rappelant qu’« rien de ce qui défigure la dignité humaine ne peut se réclamer d’une authentique inspiration divine ». Pour lui, le discours religieux doit sans cesse appeler à « désarmer les cœurs et les mots ». Un message qui résonne d’autant plus fort qu’il a été prononcé devant des fidèles de plusieurs confessions réunies dans la même salle.
Ce moment, Sidi Omar Ben Aicha, vice-président de la grande mosquée de Metz, l’a vécu comme « un privilège ». Il a surtout souligné son symbole, celui de voir « des gens de tous les cultes, toutes les communautés réunies », un élan qui va, selon lui, « à contre-courant de cette ambiance qui règne en France avec les extrêmes politiques ».
La journée ne se limitait pas à ce seul temps fort. Le pape américain est arrivé en début de matinée à l’aéroport de Metz-Nancy-Lorraine, où il a été accueilli par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Emmanuel Macron a lui aussi fait le déplacement en Moselle. La présidence avait annoncé dans la matinée qu’il assisterait à la messe de l’après-midi après avoir « réorganisé son agenda », alors qu’il avait boudé la messe géante de Paris le samedi, contrairement au Premier ministre Sébastien Lecornu et à de nombreuses figures politiques. Cette terre frontalière où repose Robert Schuman, l’un des pères de l’Europe dont l’Église catholique a lancé la béatification, devait servir de décor à un dernier appel du pontife en faveur de la paix sur le continent. Le prince Albert II de Monaco, le Grand-Duc Guillaume de Luxembourg ou encore le Premier ministre luxembourgeois Luc Frieden figuraient parmi les invités d’une rencontre sur les racines européennes, à l’invitation de l’Élysée, qui avait convié l’ensemble des dirigeants de l’Union européenne.
Dans les rues, l’attente avait commencé très tôt. Des milliers de fidèles étaient attendus pour saluer le passage de la papamobile et pour assister à la messe donnée à la cathédrale Saint-Étienne, chef-d’œuvre de l’art gothique. Franck Rivoire, électricien suisse de 52 ans, raconte être arrivé dès 7h30 « et il y avait déjà du monde ». « J’espère qu’on pourra voir quelque chose », glisse-t-il. Sébastien Fontana, Messin de 51 ans, parle presque « d’un miracle » de recevoir ce « pape de paix, qui veut fédérer ». Florence Prieur, catholique de 45 ans, voit dans ce quatrième jour une atmosphère transformée. « On nous dit souvent qu’on est des râleurs et là, on voit davantage de bienveillance, de joie », confie-t-elle.
Ce séjour aura été marqué par des prises de position fortes. Léon XIV, 71 ans, a voulu faire passer des messages clairs sur la fin de vie et sur la laïcité, et s’est livré à plusieurs appels à la paix, à la défense de la dignité des exilés et à l’encadrement de l’intelligence artificielle, mettant en garde contre un « paradis de machines ». Attendu sur la question des violences sexuelles dans l’Église, il a demandé dimanche à Lourdes aux évêques français de « poursuivre » leur action face à ce « fléau », « en maintenant la plus grande vigilance ». Après deux heures d’échanges à huis clos avec sept victimes, celles-ci ont évoqué une « prise de conscience majeure » et la reconnaissance du caractère « systémique » de ces violences. Le pape a également redit l’opposition de l’Église à l’euthanasie, deux mois après l’adoption en France d’une loi instaurant un droit à l’aide à mourir, jugeant « impossible de considérer comme normal de donner la mort ». Entre bains de foule, messes géantes et veillée avec des jeunes au Stade de France, sa popularité s’est confirmée seize mois après son élection. Plus de 1,3 million de personnes étaient déjà venues à sa rencontre entre vendredi et dimanche.





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