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Lula garde le Brésil à gauche, Flavio Bolsonaro refuse sa défaite

Lula a remporté un quatrième mandat face à Flavio Bolsonaro avec quatre points d’avance. Donald Trump dénonce un scrutin truqué, le camp Bolsonaro réclame…

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Lula garde le Brésil à gauche, Flavio Bolsonaro refuse sa défaite

Lula a remporté un quatrième mandat face à Flavio Bolsonaro avec quatre points d’avance. Donald Trump dénonce un scrutin truqué, le camp Bolsonaro réclame l’annulation et les marchés brésiliens chutent.

Lula a décroché un quatrième mandat à la tête du Brésil en devançant Flavio Bolsonaro de quatre points. Le président sortant a comblé son retard du premier tour et réussi à mobiliser la gauche dans la rue comme sur les réseaux sociaux. Le plus grand pays d’Amérique latine reste ainsi à gauche, alors que la région penche majoritairement à droite. Lula, qui s’apprête à fêter ses 81 ans, incarne ce retour inattendu.

Donald Trump n’a pas caché son désaccord. Il a qualifié la victoire de Lula de « lamentable » et assuré que le scrutin ressemblait à « une autre élection truquée ». Il a évoqué une élection « tellement corrompue, tellement lamentable » à Washington. Cette prise de position tranche avec les félicitations venues de l’Union européenne, de la France, de l’Espagne, de la Russie, de la Chine et de l’Inde. Ursula von der Leyen a salué une victoire de la démocratie et du multilatéralisme au Brésil, tandis qu’Emmanuel Macron a appelé à faire vivre l’amitié entre les deux pays face aux grands défis du moment. Des dirigeants latino-américains de gauche l’ont chaleureusement félicité, notamment la Mexicaine Claudia Sheinbaum, le Cubain Miguel Diaz-Canel et le ministère vénézuélien des Affaires étrangères. D’autres gouvernements de la région, comme le Chili, le Pérou et l’Équateur, ont assuré vouloir poursuivre des objectifs communs avec le géant brésilien.

Flavio Bolsonaro conteste le résultat et réclame l’annulation du scrutin. Il a dénoncé une « magouille » et annoncé qu’il demanderait l’annulation de la victoire de Lula tout en se posant en chef de l’opposition. Il affirme vouloir « résister au chaos » et rappelle que la droite a obtenu une majorité au Sénat et à la Chambre lors des législatives. Son camp évoque aussi la prolongation du vote de deux heures, décidée à la demande de Lula pour permettre à des électeurs d’accéder aux urnes. Flavio Bolsonaro avait lui-même réclamé un tel prolongement en raison de fortes pluies dans deux régions.

Le président du tribunal électoral, Kassio Nunes Marques, a contredit les affirmations du sénateur de droite. Il a salué des « élections réussies » et affirmé que la prolongation du vote n’avait pas affecté le résultat. Flavio Bolsonaro a aussi affirmé avoir été sommé de remettre ses passeports aux autorités et s’être vu interdire de quitter le pays. Le parlementaire de 45 ans est visé par des soupçons de corruption liés au financement d’un film consacré à son père. Un politologue a estimé que l’écart de voix était assez considérable et qu’il serait très difficile pour Flavio Bolsonaro de convaincre les électeurs d’une fraude.

La contestation rappelle la réaction de Jair Bolsonaro après sa défaite face à Lula. L’ancien président d’extrême droite n’a jamais reconnu ce résultat et a été condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État. Sur le plan économique, les marchés brésiliens ont plongé de près de 17 % et le dollar s’est envolé face au réal. Lula promet davantage de dépenses publiques pour les programmes sociaux, dans un contexte de dette publique en hausse. Les investisseurs attendent surtout du prochain gouvernement qu’il s’engage sur la discipline budgétaire.

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