Société
Parcoursup n’est pas la solution miracle, avertissent les universités
Les présidents d’université refusent de voir dans Parcoursup la cause unique des tensions à l’entrée dans le supérieur. Pour eux, supprimer la plateforme…

Les présidents d’université refusent de voir dans Parcoursup la cause unique des tensions à l’entrée dans le supérieur. Pour eux, supprimer la plateforme sans alternative solide créerait surtout de graves difficultés aux prochains bacheliers.
Depuis le début de la mobilisation lycéenne, des élèves et des étudiants réclament l’abrogation de Parcoursup. Une revendication écartée à plusieurs reprises, même si Emmanuel Macron a reconnu devant des lycéens reçus à l’Élysée qu’une refonte en profondeur de la plateforme était nécessaire. Face à cette pression, France Universités, qui regroupe 117 directions d’établissements publics du supérieur, dont les présidents de quelque 70 universités, met les choses au clair. Supprimer Parcoursup ne constitue pas une solution magique.
L’association insiste sur un point. Il ne faut pas confondre l’outil avec la politique délibérée de réduction des moyens qui, ces dernières années, a provoqué de fortes tensions pour l’entrée dans l’enseignement supérieur. Pour France Universités, Parcoursup n’est pas responsable de l’insuffisance des capacités d’accueil dans des filières très demandées comme la santé. Il n’est pas non plus à l’origine du manque de places adaptées aux titulaires de bacs techniques ou professionnels qui ne trouvent pas en licence une réponse pertinente à leur projet.
La suppression brutale de la plateforme, sans dispositif de remplacement, créerait de graves difficultés à court terme. Celles-ci devraient être assumées devant les prochains bacheliers en juillet. France Universités plaide plutôt pour une refonte en profondeur de l’orientation. Des améliorations restent possibles sur la transparence et sur le rythme de traitement des vœux. Des groupes de travail doivent d’ailleurs rendre leurs propositions prochainement.
Le contexte ne facilite pas la tâche. Les effectifs de l’enseignement supérieur public et privé continuent de progresser, avec 3 075 000 étudiants et une hausse de 0,8 %, suivie d’une nouvelle augmentation prévue de 0,6 %. Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit présenter de premières décisions en lien avec les revendications de la jeunesse. La question de l’orientation reste donc entière, au-delà du seul nom de Parcoursup.
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