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Les partis arabes israéliens jouent leur carte dans la bataille pour la majorité
Ils ne visent pas la direction du pays, mais leurs sièges pourraient faire basculer le prochain gouvernement. Deux responsables arabes israéliens…

Ils ne visent pas la direction du pays, mais leurs sièges pourraient faire basculer le prochain gouvernement. Deux responsables arabes israéliens affirment vouloir écarter Benjamin Netanyahu, à condition de peser sur les décisions.
Les partis arabes ne dirigeront pas Israël. Ils peuvent toutefois devenir un appui décisif pour constituer une majorité. À la tête de la Liste arabe unie (Raam), formation islamiste modérée, Mansour Abbas veut peser sur la prochaine équipe au pouvoir. Youssef Jabareen, qui dirige la Liste unifiée, coalition de trois partis aux sensibilités nationalistes et communiste, partage la même ambition. Tous deux veulent faire tomber le gouvernement de Benjamin Netanyahu, qu’ils jugent raciste, au terme des élections législatives à venir.
La minorité arabe israélienne descend des Palestiniens restés sur leurs terres lors de la création d’Israël. Elle représente environ 20 % de la population. Beaucoup de ses membres se sentent plus marginalisés que jamais sous le gouvernement le plus à droite de l’histoire du pays. C’est ce ressentiment qui nourrit la campagne des deux responsables. Ils se disent prêts, sous conditions, à collaborer avec le bloc d’opposition bâti autour de l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot. Ce bloc est donné au coude-à-coude avec celui de Benjamin Netanyahu dans les sondages.
Mansour Abbas veut être un partenaire influent. Son objectif est de porter des décisions à la table du prochain gouvernement et de répondre aux grands problèmes de la société arabe. Pour cela, il a adouci les thèmes liés à Gaza ou à la Cisjordanie. Sa campagne insiste sur des sujets plus consensuels, comme la criminalité qui gangrène cette communauté. Il a même intégré à sa liste Yoav Segalovitz, ancien haut responsable de la police israélienne et ex-vice-ministre de la Sécurité nationale. Premier juif de droite à figurer sur une liste à majorité arabe, il incarne un partenariat judéo-arabe assumé et apporte une expertise dans la lutte contre une criminalité en forte hausse.
Gadi Eisenkot écarte pour l’instant toute participation des partis arabes à sa coalition. Il veut ménager son électorat juif. Les sondages placent son bloc loin des 61 sièges nécessaires pour obtenir la majorité à la Knesset. Plusieurs commentateurs voient donc une autre voie. Les listes arabes pourraient soutenir ce bloc sans rejoindre formellement le gouvernement. Un tel scénario donnerait une équipe minoritaire appuyée de l’extérieur par les partis arabes au Parlement. Youssef Jabareen privilégie cette option. Il se dit prêt à coopérer pour mettre fin au pouvoir de Benjamin Netanyahu. Il n’envisage pas, à ce stade, de participer directement à un gouvernement d’opposition. Les divergences restent trop fortes sur la guerre à Gaza et la colonisation juive en Cisjordanie.
Cet appui n’aurait rien d’un chèque en blanc. Youssef Jabareen prévient que son soutien dépendra de la manière dont les partis répondront à son programme et à ses propositions. Sur le terrain, beaucoup d’électeurs arabes israéliens ont longtemps regardé avec méfiance toute collaboration avec des partis juifs. La priorité semble avoir changé. Un ancien directeur de lycée de 68 ans, qui préfère rester anonyme, estime que les Arabes n’ont jamais été traités avec une telle dureté. Il décrit un gouvernement hostile. Hanaa Zraiq Sayegh, propriétaire d’une école de danse de 40 ans, juge que le pays fait marche arrière dans son attitude envers cette minorité. Ziad Mansour, barbier de 50 ans, résume l’attente d’un gouvernement modéré qui traite bien son peuple et son pays. Pas de guerres, pas de problèmes, pas de violence. Il dit en avoir assez.
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