Faits Divers
Des centres-villes dévastés et des mairies visées après la mobilisation contre la vie chère
La mobilisation contre la vie chère a laissé des centres-villes dévastés et des symboles républicains visés dans plusieurs villes. Commerçants, habitants…


La mobilisation contre la vie chère a laissé des centres-villes dévastés et des symboles républicains visés dans plusieurs villes. Commerçants, habitants et élus mesurent les dégâts tandis que l’exécutif annonce des poursuites.
À Lyon, les trottoirs sont couverts de débris et les vitrines éventrées attirent les curieux. Des habitants photographient les dégâts avec leur téléphone. Jean-Christian, commerçant en ustensiles de cuisine, a passé une partie de la mobilisation réfugié au fond de sa boutique. Il raconte que « c’était la guerre » et décrit des hommes « remplis d’adrénaline » qui cassaient tout. Le préfet du Rhône, Etienne Guyot, évoque une ampleur inédite dans toute la France. Ces scènes ont paru plus intenses que les émeutes de 2023 et les journées d’action des gilets jaunes de 2018-2019.
À Marseille, la mairie a été envahie et sa porte principale, enfoncée, est consolidée avec des planches. Deux voitures de police stationnent devant. À Paris, dans le quartier République, l’alarme d’un magasin Marionnaud pillé retentit encore. La vitrine d’un Darty est surveillée par un agent de sécurité et un chien muselé. Un couple de sexagénaires porte ses deux chihuahuas pour leur éviter les morceaux de verre. Dans le métro, l’odeur des gaz lacrymogènes reste présente. Le maire Emmanuel Grégoire déplore des rues entières « méthodiquement ravagées » et demande, avec ses homologues de Lyon et Marseille, à être reçu par Sébastien Lecornu. La première adjointe Lamia El Aaraje pointe un manque de moyens policiers et rapporte que des habitants et commerçants ont interpellé la mairie en demandant où étaient les forces de l’ordre.
855 interpellations ont été comptabilisées, un niveau jamais atteint, et 517 personnes sont en garde à vue, dont 171 mineurs. L’exécutif a évoqué 1 200 interpellations dans tout le pays et 150 policiers et gendarmes blessés. Des manifestants ont aussi été blessés, parfois gravement. À Saint-Etienne, un jeune de 17 ans a eu la main arrachée lors d’une intervention des forces de l’ordre. Le Premier ministre Sébastien Lecornu estime qu’il faut parler d’un « miracle » devant un bilan qui aurait pu être plus lourd.
Les symboles républicains ont été pris pour cible. À Lille, Angers et Bordeaux, des manifestants ont pénétré dans des mairies ou des préfectures pour les vandaliser. À Lyon, une antenne de l’office de tourisme a brûlé. À Limoges, l’Hôtel de Ville du XIXe siècle a été en grande partie perdu dans les flammes. Le feu est désormais circonscrit. Le préfet Maurice Barate affirme que le feu a été allumé sciemment et dénonce une « horde sauvage ».
Emmanuel Macron a promis que les auteurs de ces actes seraient poursuivis et punis. Il a appelé à faire bloc face à ceux qui veulent abattre les institutions. Sébastien Lecornu a demandé à La France insoumise de choisir entre le camp de la République et des forces de l’ordre et celui des casseurs. Jean-Luc Mélenchon, qui a défilé à Paris, assure que ceux qui partagent son combat n’ont rien à faire dans le pillage et le saccage. Il accuse le Premier ministre d’avoir joué avec le feu et d’avoir parié sur le pourrissement, et critique la stratégie de maintien de l’ordre. Marine Le Pen lui reproche de vouloir précipiter le pays dans le chaos. À six mois de la présidentielle, la mobilisation sociale devient un terrain d’affrontement entre la candidate RN et le leader de LFI, tous deux donnés possibles adversaires au second tour par les sondages.
Après plusieurs semaines d’agitation lycéenne, les organisateurs voulaient faire converger les luttes avec d’anciens gilets jaunes, dans un contexte de hausse du prix des carburants. À Strasbourg, Régine Monfroid, éducatrice, dit être venue protester contre la vie chère, les salaires de misère et les loyers en hausse. Le coût des dégradations s’annonce lourd, prévient Sébastien Lecornu. Roland Lescure promet que les casseurs paieront, répareront et assumeront leurs responsabilités. À l’étranger, le vice-président américain JD Vance a attribué les violences à l’immigration.
À lire aussi





Faits DiversEn Ligne 6 joursMimi Marchand jette l’éponge en pleine audience, Karine Le Marchand vide son sac



SociétéEn Ligne 3 joursLa 2CV revient en version électrique et divise ses fidèles



Faits DiversEn Ligne 6 joursDes pirates font dégivrer les frigos de centaines de supermarchés à distance



PolitiqueEn Ligne 5 joursFerrand ferme la porte au référendum qui contourne le Parlement



ÉconomieEn Ligne 6 joursAir Corsica sort de trois jours de grève et remet ses pilotes en ligne



SociétéEn Ligne 6 joursUne mobilisation lycéenne qui dérape, incidents en série et fusillade dans un collège



Faits DiversEn Ligne 19 heuresÀ Lille, la mairie forcée et l’Apple Store pillé



PolitiqueEn Ligne 6 joursLe budget 2027 arrive à l’Assemblée, et personne ne sait vraiment comment ça va finir








