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Polymarket s’invite dans la présidentielle brésilienne malgré son interdiction

Interdite au Brésil, la plateforme de paris Polymarket devient un argument de campagne. À droite, certains brandissent ses cotes comme une vérité…

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Polymarket s’invite dans la présidentielle brésilienne malgré son interdiction

Interdite au Brésil, la plateforme de paris Polymarket devient un argument de campagne. À droite, certains brandissent ses cotes comme une vérité électorale, alors que la plateforme refuse de les présenter comme des sondages.

La campagne brésilienne a trouvé un nouvel acteur. Polymarket, plateforme américaine où les internautes misent sur des probabilités d’événements, de la trêve entre la Russie et l’Ukraine au résultat d’une élection, s’est glissée dans la bataille entre Lula et Flavio Bolsonaro. Le second tour doit opposer le président sortant de gauche au sénateur conservateur, fils de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro. Sur les réseaux sociaux, des graphiques tirés du site circulent comme des arguments politiques.

Le camp conservateur y voit un outil plus fiable que les sondages. Un influenceur a partagé une courbe montrant Flavio Bolsonaro à 63% de chances de victoire, avec un commentaire appelant à se débarrasser de Lula pour toujours. Au premier tour, Flavio Bolsonaro a obtenu 47% des voix contre 45% pour Lula. D’autres publications virales ont assuré que Lula avait perdu ou que le candidat conservateur grimpait sur Polymarket. La plateforme, elle, soutient que les paris ne sont ni des sondages, ni des projections officielles, ni des soutiens à une candidature.

La popularité de ces cotes s’explique en partie par la défiance envers les enquêtes d’opinion. Les sondages plaçaient Lula en tête du premier tour, mais ils ont souvent sous-estimé la force du camp conservateur lors des scrutins précédents. Pour des internautes, les parieurs risqueraient leur argent et seraient donc mieux informés que des électeurs interrogés. Sauf que les deux exercices ne mesurent pas la même chose. Un sondage interroge un échantillon représentatif de la population. Polymarket enregistre des transactions financières, ouvertes à tout internaute dans le monde, qui peut miser plusieurs fois.

Le gouvernement brésilien a interdit ces plateformes, jugeant que l’absence de régulation pouvait aggraver l’endettement des familles. L’accès à Polymarket est aussi bloqué dans 38 autres pays, dont la France, l’Allemagne et le Japon. Cela n’a pas empêché les paris sur l’élection brésilienne de dépasser 180 millions de dollars, avec des dizaines de commentaires en portugais. Des usagers brésiliens auraient contourné le blocage via un VPN, une méthode recommandée par un frère du candidat conservateur.

Les autorités cherchent la bonne réponse. Le ministère des Finances dit examiner l’efficacité de l’interdiction et envisage d’autres mesures. Polymarket se déclare prête à coopérer sur le plan technique. Reste une question de fond. Une cote qui monte ne vaut pas un bulletin de vote, surtout quand elle repose sur des parieurs venus de partout et des graphiques sortis de leur contexte.

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