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Quatre cents lycées fermés, le gouvernement tente de reprendre la main

Des centaines d’établissements restent portes closes et les cours se poursuivent à distance, au lendemain d’une journée de violences qui a secoué le pays.…

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Quatre cents lycées fermés, le gouvernement tente de reprendre la main

Des centaines d’établissements restent portes closes et les cours se poursuivent à distance, au lendemain d’une journée de violences qui a secoué le pays. Le ministre de l’Éducation reçoit syndicats et associations lycéennes, pendant que l’exécutif cherche à désamorcer une crise sociale à sept mois de la présidentielle.

Le mouvement né dans les lycées ne faiblit pas. Rejoint par les étudiants, il réclame davantage de moyens et s’est durci jeudi dans de nombreuses villes de France. Les autorités ont dénombré 900 actions devant des établissements, dans tous les départements. Au total, 1.027 établissements sur les quelque 3.700 lycées du pays ont été concernés, dont 222 bloqués, tandis qu’une trentaine de campus universitaires restaient paralysés.

Ce vendredi, environ 400 lycées sont fermés et plusieurs ont basculé vers l’enseignement à distance, notamment à Marseille. Le bilan humain pèse lourd. Près de 2.000 interpellations ont eu lieu la veille, et plus de 300 policiers et gendarmes ont été blessés. Le ministre Laurent Nuñez a fustigé « une violence débridée ». Côté Éducation nationale, 65 agents ont été touchés, parmi lesquels 40 proviseurs, ainsi que 170 élèves. Édouard Geffray parle d’une « entreprise d’attaque et de destruction du service public », avec plus d’une centaine de lycées sévèrement dégradés.

La réponse de l’exécutif se durcit. Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a demandé aux procureurs d’engager la responsabilité civile des parents quand des dégâts sont causés, afin de leur faire « payer les réparations ». Tous les préfets ont pris des arrêtés pour interdire les rassemblements aux abords des lycées fermés. À Matignon, on impute les débordements à La France insoumise et à ses « proxys de l’ultra-gauche », une « manœuvre organisée » selon les services du Premier ministre. Le coordinateur du parti, Manuel Bompard, a répliqué en accusant l’entourage du chef du gouvernement de « sombrer dans le complotisme ».

À Rennes, la tension était déjà palpable devant le lycée public Jean-Macé, où des lycéens encagoulés et vêtus de noir se tenaient à distance des nombreux policiers déployés. « Pour nous, on a gagné, on a notre lycée fermé », lance Lola, 16 ans, qui préfère rester anonyme. Elle regrette pourtant les violences. « Ça nous enrage encore plus, la police n’a pas le droit de nous taper, de nous gazer », glisse-t-elle, avant de pointer les raisons de la colère, des effectifs trop minces, un budget insuffisant, la suppression de Parcoursup réclamée et des emplois du temps trop lourds.

Le ministre de l’Éducation a lui-même appelé les parents à la vigilance, rappelant que « dans la rue, les enfants sont en danger ». Il estime aussi que « le mouvement lycéen est pris en otage » par des éléments ultra-violents, et que près de 400 lycées seraient fermés. Pour renouer le fil, il a entamé des rencontres avec les syndicats de l’éducation, les associations lycéennes dont l’Union syndicale lycéenne, moteur de la mobilisation, les représentants de parents et les élus du Conseil national de la vie lycéenne. Une difficulté de taille subsiste selon lui, l’absence de revendication nationale, le conflit étant parti de demandes locales très diverses.

Sur un point sensible, le gouvernement a reculé. Il a renoncé à faire payer des frais d’inscription en BTS et en classe prépa, mesure inscrite dans le projet de budget 2027 présenté le matin même et vivement critiquée. Les organisations appellent, elles, à poursuivre la mobilisation, avec une grande manifestation prévue mardi.

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