Europe
Face à la rue, l’Espagne freine les expulsions de logements
Après des jours de mobilisation, l’exécutif espagnol a dévoilé une série de mesures pour tenter d’enrayer la crise du logement. Les protestataires…


Après des jours de mobilisation, l’exécutif espagnol a dévoilé une série de mesures pour tenter d’enrayer la crise du logement. Les protestataires promettent déjà de poursuivre leur mouvement.
Depuis des jours, ils réclament de quoi se loger sans se ruiner. Mardi, le gouvernement espagnol a posé sur la table un ensemble de mesures pour tenter de desserrer l’étau qui serre le marché du logement. Parmi les annonces phares, la suspension des expulsions locatives jusqu’en 2030, réservée aux personnes les plus fragiles, celles qui n’ont aucune solution de relogement. Pedro Sánchez, le chef de l’exécutif socialiste, l’a présentée lui-même dans une vidéo diffusée sur le réseau X, en défendant un paquet qu’il juge ambitieux.
Le dispositif prévoit aussi que les contrats de location se renouvellent automatiquement au terme de leur échéance. Objectif affiché, freiner la spéculation en repérant les fonds d’investissement surnommés fonds vautours, afin de les empêcher de traiter le logement comme une simple marchandise. La ministre du Logement, Isabel Rodríguez, parle d’un accord à forte portée sociale qui touche au problème numéro un des Espagnols. Du côté de la Santé, Monica García ajoute que les locations saisonnières et les chambres seront mieux encadrées. Félix Bolaños, ministre de la Présidence, résume la journée sur X en évoquant un grand jour pour les locataires et les petits propriétaires, et un mauvais jour pour les spéculateurs.
Reste l’obstacle parlementaire. Les deux textes doivent être soumis au vote d’une assemblée très fragmentée, à l’approche d’élections législatives prévues en 2027. Une session extraordinaire se tiendra vendredi. Le gouvernement, qui ne dispose pas de majorité, appelle toutes les formations à lui apporter les voix nécessaires. Sans aucune garantie pour l’instant.
Sur le terrain, la prudence domine. Le syndicat des locataires parle d’une victoire du pouvoir populaire, mais prévient aussitôt que le combat se poursuit. Des rassemblements sont annoncés partout dans le pays ce week-end, dans toutes les villes. Valeria Racu, l’une des porte-paroles, a prévenu que les deux textes ne marquaient pas le point final du mouvement. L’appel circule sur les réseaux sociaux et la mobilisation gagne du terrain. Des campements se sont montés à Malaga et à Séville, en Andalousie.
À Madrid, les manifestants entament leur quatrième nuit d’occupation de la Puerta del Sol, cette grande place très touristique au cœur de la capitale. Les autorités régionales et la mairie, qui en réclament le démantèlement, jugent le campement illégal. Une première victoire avait pourtant été acquise lundi soir, quand un accord a été trouvé avec la société immobilière ayant racheté l’appartement de Maricarmen Abascal, permettant à cette femme de 87 ans de revenir chez elle. Elle y vivait depuis environ 70 ans avant d’en être évincée la semaine dernière. Hospitalisée ces derniers jours, elle doit encore signer le document.
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