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Séoul exige des excuses de Kiev après la révélation d’un transfert de prisonniers nord-coréens

La présidence sud-coréenne réclame des explications officielles à l’Ukraine, qui a rendu public l’envoi vers Séoul de deux soldats nord-coréens capturés…

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Séoul exige des excuses de Kiev après la révélation d'un transfert de prisonniers nord-coréens

La présidence sud-coréenne réclame des explications officielles à l’Ukraine, qui a rendu public l’envoi vers Séoul de deux soldats nord-coréens capturés par ses forces. Ce différend surgit au pire moment pour Kiev, qui presse ses alliés de lui livrer des systèmes de défense antiaérienne.

Tout part d’une annonce faite devant l’ONU. Jeudi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a révélé que deux soldats nord-coréens faits prisonniers par son armée avaient été transférés en Corée du Sud, précisant qu’il n’avait « pas été facile de les capturer vivants ». Une sortie qui a fait bondir Séoul. Son homologue sud-coréen, Lee Jae Myung, a dans la foulée déploré que Kiev ait rompu un accord de confidentialité censé encadrer cette opération. Dimanche, le secrétaire présidentiel sud-coréen aux relations publiques, Seong Ghi-hong, a durci le ton en qualifiant la divulgation unilatérale de « fait très grave ». Il a également pointé la déclaration du service de presse ukrainien niant l’existence d’un tel accord, jugeant qu’elle « sape sérieusement la confiance entre les deux gouvernements et porte gravement atteinte aux relations amicales entre les deux pays ». Séoul réclame donc « une explication et des excuses officielles » et assure étudier « des mesures supplémentaires », sans davantage de détails.

Face à ces reproches, Kiev ne compte pas faire son mea culpa. Un conseiller de Volodymyr Zelensky, Dmytro Lytvyne, a rappelé que l’Ukraine était « un pays ouvert » et estimé qu’il aurait été étrange de remettre ces hommes en secret. La passe d’armes tombe dans un moment tendu. L’Ukraine multiplie les appels à ses partenaires pour obtenir des moyens de défense antiaérienne, alors que les frappes russes s’intensifient. La Corée du Sud, poids lourd de l’industrie de l’armement, s’est toujours interdit de livrer des armes dans des zones de conflit actives. Mais l’entrée en jeu de Pyongyang a relancé le débat.

Les deux hommes ont été capturés en janvier 2025 dans la région russe de Koursk, où des troupes nord-coréennes combattent aux côtés de l’armée russe. Selon Kiev, des dizaines de milliers de soldats de Pyongyang soutiennent les forces russes depuis le lancement de l’invasion en février 2022. Dans un courrier adressé à une ONG de Séoul après leur capture, les deux prisonniers ont exprimé leur souhait d’une « vie normale » en Corée du Sud. L’un d’eux a raconté avoir servi dans une unité de reconnaissance, enrôlé dès ses 17 ans. D’après des organisations de défense des droits humains, les soldats nord-coréens envoyés sur le front ukrainien reçoivent l’ordre de se suicider plutôt que de se rendre.

Derrière le couac diplomatique, c’est toute la relation entre les deux Corées qui se joue. Pour Park Won-gon, professeur à l’université d’Ewha, Pyongyang exploite ses soldats déployés afin de bâtir « un récit héroïque à des fins de propagande ». Et le gouvernement sud-coréen semble redouter qu’en confirmant et en rendant public le retour des prisonniers au Sud, il ne ravive encore l’hostilité envers Séoul. Lee Jae Myung, lui, cherche à renouer le dialogue avec son voisin du Nord et a proposé des pourparlers sans condition. Pyongyang n’a pas répondu pour l’heure. En vertu de la Constitution sud-coréenne, tous les Coréens, du Nord comme du Sud, sont considérés comme des citoyens de la Corée du Sud à part entière. En avril, Kim Jong Un avait de son côté loué ses soldats morts en Ukraine, saluant des « combats au corps-à-corps défiant la mort et des explosions suicidaires héroïques ».

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