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Starship vise enfin l’orbite, le pari le plus risqué de SpaceX

La mégafusée d’Elon Musk doit décoller lundi du Texas pour son quatorzième vol d’essai, avec un objectif jamais atteint jusqu’ici, se placer en orbite…

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Starship vise enfin l'orbite, le pari le plus risqué de SpaceX

La mégafusée d’Elon Musk doit décoller lundi du Texas pour son quatorzième vol d’essai, avec un objectif jamais atteint jusqu’ici, se placer en orbite autour de la Terre. Un cap décisif pour un lanceur géant qui accumule les retards et les promesses.

Trois ans après son tout premier vol d’essai, Starship repart au front. Ce lundi, SpaceX doit faire décoller depuis le Texas le quatorzième exemplaire de son lanceur géant, avec cette fois une cible que l’engin n’a encore jamais touchée, l’orbite terrestre. Le décollage est prévu à partir de 7h15 heure locale, soit 12h15 GMT, pour une mission d’environ dix heures. Et le souvenir des essais précédents, dont plusieurs se sont soldés par des explosions, rappelle que rien n’est joué d’avance.

Le scénario reste volontairement prudent. Le vaisseau s’élancera d’abord sur une trajectoire suborbitale, comme lors des essais menés depuis 2023 avec la fusée dans sa configuration complète, puis rallumera ses moteurs une seconde fois si tous les voyants sont au vert. Objectif visé, une orbite circulaire à environ 275 kilomètres au-dessus de nos têtes, ce qui oblige l’engin à filer à près de 28.000 km/h. « C’est la partie la plus difficile », souligne une analyste spatiale de l’université Georgetown, parce que la fusée doit enchaîner des manoeuvres sous des niveaux de gravité différents, avec davantage de puissance à maîtriser et des calculs bien plus corsés.

Si le pari tient, l’étage supérieur larguera 26 satellites Starlink de nouvelle génération, venus grossir une constellation déjà tentaculaire. Le vaisseau bouclera ensuite six tours de Terre avant de terminer sa course dans le Pacifique. L’étage inférieur, chargé de propulser l’ensemble, retombera dans le golfe du Mexique peu après le décollage. SpaceX n’a pas prévu de le rattraper avec ses grandes pinces mécaniques cette fois-ci.

La démonstration ne se joue pas seulement sur le plan technique. Depuis son entrée en Bourse au mois de juin, l’entreprise doit répondre aux attentes d’investisseurs que ne satisfera pas un simple décollage propre. Le public non plus ne se contentera pas d’un vol sans incident. Il faut du spectaculaire, au risque que tout le reste soit perçu comme un échec. Starship collectionne les retards, une version modifiée doit servir au programme lunaire de la Nasa, et une société chinoise a récemment progressé sur les fusées réutilisables. Elon Musk, lui, veut un lanceur entièrement réutilisable, un chantier encore très loin d’être refermé.

SpaceX garde tout de même un atout de poids. Ses fusées Falcon, en partie réutilisables, lui assurent une large domination sur le marché mondial des lancements. La semaine qui s’ouvre le confirme, d’autres tirs sont programmés, dont un qui transportera un équipage d’astronautes vers la Station spatiale internationale. Quelle que soit l’issue du vol de lundi, le développement de Starship doit ensuite basculer dans une nouvelle phase, avec notamment des essais de ravitaillement en carburant une fois la fusée en orbite.

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