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Washington et Téhéran se tournent autour sans débloquer Ormuz

Le président américain se dit prêt à renouer le dialogue avec l’Iran, mais il vient de rejeter le plan de Téhéran pour rouvrir le détroit d’Ormuz. Sept…

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Washington et Téhéran se tournent autour sans débloquer Ormuz

Le président américain se dit prêt à renouer le dialogue avec l’Iran, mais il vient de rejeter le plan de Téhéran pour rouvrir le détroit d’Ormuz. Sept mois de guerre plus tard, les deux camps n’ont toujours pas trouvé de terrain d’entente.

Voilà sept mois que le conflit secoue le Moyen-Orient et fait trembler l’économie mondiale. Malgré cela, Donald Trump affirme qu’un nouveau round de négociations avec l’Iran pourrait démarrer très vite. Le président américain s’attend à une reprise des discussions, avec en ligne de mire des échanges indirects rendus possibles par des médiateurs qataris. L’idée d’une telle rencontre, à peine une semaine après un rendez-vous du même genre en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, où les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner avaient croisé le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi. Le courant ne passe toujours pas.

Sur le fond, rien ne bouge. Donald Trump a de nouveau écarté le plan iranien censé rouvrir le détroit d’Ormuz en une semaine. Sa position reste inchangée. Téhéran veut un accord, mais pas celui qu’il est prêt à conclure lui-même, a-t-il fait valoir, estimant que les dirigeants iraniens avaient surestimé leur marge de manœuvre. De l’autre côté, on assure attendre une réponse claire de Washington avant de décider de la suite, en soulignant qu’aucun message n’est encore arrivé par le canal du médiateur.

Ce blocage plonge ses racines dans un accord signé cet été, censé mettre un terme durable aux combats et ouvrir la voie à des pourparlers sur le nucléaire iranien. Le texte prévoyait l’arrêt immédiat des hostilités sur tous les fronts, la libération d’avoirs iraniens gelés depuis la Révolution islamique de 1979 et la levée des sanctions américaines qui étouffent l’économie du pays. Tout a volé en éclats sur la question du passage des navires dans le détroit d’Ormuz, par où transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures de la planète.

Les Etats-Unis n’ont pas tardé à pointer la responsabilité iranienne. Leur ambassadeur auprès des Nations unies, Mike Waltz, a dénoncé une tentative qu’il juge inacceptable, reprochant à Téhéran d’avoir violé l’accord sans attendre. Côté iranien, on balaie ces reproches d’un revers de main, les qualifiant d’accusations anciennes et sans fondement. Abbas Araghchi l’a redit, toute avancée vers une réouverture du détroit passe par la satisfaction de ses demandes.

Sur le terrain, une accalmie relative s’est installée. Aucune frappe américaine n’a visé l’Iran ces dernières semaines, mais des navires sont régulièrement pris pour cible dans le détroit. Et les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir saisi un drone sous-marin américain de pointe, présenté comme un engin d’espionnage. Face à une guerre de plus en plus impopulaire et à des carburants dont le prix flambe, Donald Trump n’exclut pas de relancer les frappes, éventuellement après les élections de mi-mandat prévues à l’automne.

La tension reste vive ailleurs dans la région. Le Yémen est devenu le nouveau front depuis la reprise, il y a quelques mois, d’un conflit opposant les Houthis, soutenus par Téhéran, au gouvernement yéménite et à son allié saoudien, après des années de pause. Ces derniers mois, le mouvement a lancé une offensive meurtrière, renforçant son emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, un autre passage stratégique pour le pétrole entre l’Europe et l’Asie. Devant l’ONU, le chef de la diplomatie saoudienne Fayçal ben Farhane a rappelé que la stabilité de cette zone vitale conditionne la sécurité énergétique mondiale, reprochant à la communauté internationale d’avoir manqué à ses responsabilités.

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