Monde
Netanyahu monte à la tribune de l’ONU, seul contre tous en pleine campagne
Le Premier ministre israélien s’exprime devant l’Assemblée générale des Nations unies alors qu’il affronte une campagne électorale compliquée et un…


Le Premier ministre israélien s’exprime devant l’Assemblée générale des Nations unies alors qu’il affronte une campagne électorale compliquée et un isolement grandissant. Le président palestinien Mahmoud Abbas prendra lui aussi la parole, mais à distance, faute de visa américain.
Benjamin Netanyahu grimpe à la tribune des Nations unies. Un exercice qu’il maîtrise, qu’il affectionne même. Le chef du gouvernement israélien, de plus en plus seul sur la scène mondiale, devrait y délivrer un discours offensif, fidèle à ses habitudes. Il cible volontiers l’institution onusienne, qu’il juge partiale contre son pays, et Téhéran, son adversaire désigné. Il devrait aussi revenir sur le soldat israélien grièvement blessé dans une attaque à la voiture-bélier en Cisjordanie occupée. Un homme qui n’est pas un anonyme, puisqu’il s’agit du fils de l’ambassadeur d’Israël à Washington, Yechiel Leiter.
Avant de partir, il avait annoncé la couleur. Il promet de dire « la vérité » sur les soldats israéliens, et aussi sur le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, qu’il accuse de rouler pour le Hamas. L’édile, issu de l’aile gauche démocrate et engagé de longue date pour la cause palestinienne, ne mâche pas ses mots non plus. Il parle de « génocide » à propos de la politique israélienne. Plus tôt, il avait laissé entendre qu’il pourrait faire arrêter le Premier ministre pendant le sommet, avant de reconnaître qu’il n’avait pas les moyens d’appliquer le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale visant Benjamin Netanyahu pour crimes de guerre et contre l’humanité.
Dans la salle, tout le monde n’écoutera pas. La mission palestinienne à l’ONU compte quitter l’enceinte pendant l’allocution, comme un an plus tôt, suivie par d’autres délégations. Et plusieurs dirigeants ont déjà profité de la tribune pour étriller sa politique. Emmanuel Macron a pointé la situation humanitaire à Gaza et interpellé l’assemblée sur sa crédibilité face à l’inaction. Il a aussi fustigé les agissements israéliens en Cisjordanie, un territoire où, selon lui, le Hamas n’a jamais sévi. La réplique israélienne a fusé, dénonçant une « absurdité grotesque ».
Le contexte pèse lourd. Benjamin Netanyahu dirige le gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël. Il a engagé son pays sur plusieurs fronts, de Gaza au Liban en passant par la Syrie et l’Iran, et a accéléré la colonisation en Cisjordanie occupée, où les violences de colons se sont multipliées depuis l’attaque du 7 octobre 2023. Plusieurs pays occidentaux, dont le Canada, la France et le Royaume-Uni, dénoncent cette expansion et ont pris des sanctions. Le secrétaire général sortant de l’ONU, Antonio Guterres, a évoqué « le spectre d’un nettoyage ethnique ». Washington, de son côté, refuse de critiquer Israël publiquement tout en disant s’opposer aux violences et à toute annexion. Le secrétaire d’État Marco Rubio a résumé la position américaine en estimant que la région n’avait pas besoin d’une crise supplémentaire. Signe des ambiguïtés, l’une des premières décisions prises après le retour à la Maison-Blanche a été de lever les sanctions contre les colons.
Reste l’échéance qui obsède le Premier ministre. Les législatives sont fixées au 27 octobre, et il a largement axé sa campagne sur la sécurité. Son passage à New York s’annonce éclair, un aller-retour pour occuper la scène et dicter sa version des faits.
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