Économie
Le baril repasse les 100 dollars, la facture grimpe jusqu’à la pompe
Les frappes entre l’Iran et les États-Unis ont rallumé la tension sur le marché du brut et propulsé le pétrole au-dessus des 100 dollars. Conséquence…

Les frappes entre l’Iran et les États-Unis ont rallumé la tension sur le marché du brut et propulsé le pétrole au-dessus des 100 dollars. Conséquence directe, des prix à la pompe inédits, surtout aux États-Unis où le diesel s’envole à quelques semaines des élections.
Le brut a de nouveau franchi une barre symbolique. Le Brent, la référence internationale du pétrole, a dépassé les 100 dollars le baril, et il a même grimpé au-delà des 106 dollars. Son équivalent américain, le WTI, a lui aussi passé ce cap. Pour retrouver des niveaux comparables, il faut remonter à mai, juste avant une accalmie au Moyen-Orient qui avait débouché en juin sur un protocole d’accord entre l’Iran et les États-Unis. Cet espoir d’une sortie diplomatique s’est envolé avec la reprise des frappes entre les deux pays fin août. La riposte iranienne s’est encore traduite par la prise pour cible d’une vingtaine de bateaux, en réaction à des frappes américaines.
Le détroit d’Ormuz reste le point de crispation numéro un. Cette artère concentre l’essentiel des hydrocarbures qui quittent le Golfe, et l’Iran la paralyse depuis le début du conflit. Le secrétaire américain à l’Énergie avance le chiffre de près de 11 millions de barils par jour qui continueraient d’y circuler. Un ordre de grandeur que les analystes du secteur contestent, eux qui mesurent un débit effondré sous les 2 millions de barils quotidiens, contre environ 8 millions fin août. Les attaques visant des pétroliers des deux camps n’ont fait qu’aggraver la fébrilité des marchés.
À l’autre bout de la péninsule arabique, un second verrou se referme. Les Houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, ont pris le contrôle de Mokha, sur la mer Rouge, et se rapprochent du détroit de Bab el-Mandeb. Ce passage qui relie l’Asie à l’Europe a pris une importance nouvelle depuis que le trafic par Ormuz est bloqué. Ces combattants perturbent déjà la navigation dans la zone et visent des infrastructures pétrolières saoudiennes, après avoir annoncé en juillet un blocus maritime contre Ryad. Signe des difficultés rencontrées, la production saoudienne de pétrole a légèrement reculé en août.
La répercussion la plus tangible se joue à la pompe. Aux États-Unis, le gallon de diesel enchaîne les records et s’affichait en moyenne autour de 5,98 dollars. Les projections officielles tablent sur des stocks qui restent bas et des prix qui restent élevés dans les mois à venir. Un sujet explosif sur le plan politique à l’approche des élections de mi-mandat de novembre, tant la hausse des carburants pèse sur le quotidien des ménages.
Donald Trump a affirmé que Téhéran cherchait désespérément à peser sur le scrutin, tout en promettant une fin des hostilités immédiatement après le vote, persuadé que les Iraniens ne pourraient pas tenir plus longtemps. Ses plus proches conseillers l’auraient pourtant prévenu que le conflit pouvait se prolonger des années, jusqu’au terme de son mandat. Les économistes, eux, redoutent une contagion de la flambée des hydrocarbures à l’ensemble de l’économie. Les banques centrales ont déjà relevé leurs taux, à l’image de la Banque centrale européenne, face à une inflation qui s’accroche et ne demande qu’à repartir.
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