Politique
La poussée de l’AfD en Allemagne rebat les cartes françaises
Un scrutin régional à l’Est a suffi pour tendre toute la scène politique française. Les candidats à la présidentielle ne parlent déjà plus que de ça.

Un scrutin régional à l’Est a suffi pour tendre toute la scène politique française. Les candidats à la présidentielle ne parlent déjà plus que de ça.
L’Alternative pour l’Allemagne s’offre un triomphe dans un Land de l’ex-RDA. Une gifle pour le chancelier conservateur Friedrich Merz, installé au pouvoir depuis peu. Le parti antimigrants, russophile et pro-Trump confirme sa percée outre-Rhin. Et à Paris, les prétendants à l’Élysée ont immédiatement senti le vent tourner.
À gauche, les sorties sont cinglantes. Jean-Luc Mélenchon accuse les politiques centristes européennes d’avoir fermé les yeux. Il considère ce désastre comme leur œuvre et en tire une conséquence forte pour la France, le projet allemand de grande armée conventionnelle devient inacceptable. Olivier Faure ne voit plus un avertissement mais un passage à l’acte. Il appelle à une riposte collective face à une extrême droite qui ne se cache plus. Fabien Roussel, lui, charge l’Union européenne et ses traités, qu’il juge responsables de ce bilan. Il rappelle que la pauvreté, la désindustrialisation et la guerre font le lit de ces partis.
Côté majorité, Gabriel Attal admet que le réflexe du barrage ne suffit plus pour convaincre les électeurs. Son constat est simple, il faut offrir un cap et des actes concrets, repenser le modèle en place pour retrouver la main. Éric Zemmour, lui, y voit un moment de vérité. Pour lui, les vrais coupables sont ceux qui, depuis des décennies, ont traité comme une faute ce que les peuples ressentent comme une évidence, le besoin de rester soi-même.
Le Rassemblement national, pourtant en tête dans les sondages français, reste muet. Les liens avec l’AfD ont été rompus depuis plusieurs années et le parti n’envisage pas de les renouer, les divergences étant trop profondes. Son président relève toutefois que cette concurrence électorale a bousculé le gouvernement de Friedrich Merz, jusqu’à le pousser à rétablir des contrôles aux frontières. Une manière de dire que l’extrême droite allemande, même sans alliance, imprime déjà sa marque.
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