Société
Le combat pour libérer les trois derniers éléphants captifs d’un zoo sud-africain
Trois éléphants vivent encore dans un zoo urbain en Afrique du Sud, un cas unique sur le continent. Leur sort divise le pays et la justice doit bientôt…

Trois éléphants vivent encore dans un zoo urbain en Afrique du Sud, un cas unique sur le continent. Leur sort divise le pays et la justice doit bientôt dire s’ils partent pour un sanctuaire.
Le zoo de Johannesburg défie tous les clichés sur l’Afrique du Sud. Ce pays est mondialement connu pour ses réserves naturelles et ses parcs où les éléphants évoluent en liberté. Pourtant, au cœur de la plus grande ville du pays, trois pachydermes passent leurs journées dans des enclos sous les yeux émerveillés des visiteurs. Des groupes d’enfants courent en criant « Des éléphants, des éléphants » dès qu’ils les aperçoivent. Pour beaucoup de familles modestes, cette sortie reste la seule occasion de voir de près l’animal terrestre le plus impressionnant du continent.
Mais cette scène provoque aussi une véritable bataille judiciaire. Trois organisations de défense des animaux ont saisi la justice pour obtenir le transfert de Lammie, Ramadiba et Mopane vers un sanctuaire. Des experts internationaux ont décrit les trois éléphants comme anxieux et déprimés, malgré les attentions du personnel. « Ce sont des êtres intelligents, socialement complexes et sensibles », affirment les associations, qui dénoncent des conditions de vie indignes de leur nature.
De son côté, le zoo ne veut pas les lâcher. La direction rappelle que les éléphants sont bien soignés et viennent de recevoir un certificat de bonne santé. Le lieu peut accueillir jusqu’à cinq éléphants et deux soigneurs s’occupent de chaque animal. La nourriture est même cachée dans l’enclos pour les inciter à marcher. Pour le directeur Thanduxolo Mendrew, Lammie est née ici et n’a jamais connu la vie ailleurs. Un départ priverait surtout les écoliers défavorisés d’une rencontre unique avec ces animaux.
Les militants ne partagent pas cet avis. Megan Carr, de la Fondation EMS, rappelle que la nuit, les trois éléphants se partagent deux enclos de 160 mètres carrés chacun. C’est plus petit qu’un court de tennis. Aucun espace clos ne peut, selon elle, garantir la santé et la forme d’un éléphant. Elle estime qu’une vidéo peut remplacer une rencontre au zoo, sans faire souffrir l’animal. L’Afrique du Sud compte pourtant environ 44 000 éléphants, mais très peu vivent en captivité urbaine. En 2024, les mêmes activistes ont obtenu la libération d’un éléphant du zoo de Pretoria après des années d’efforts. Le tribunal doit maintenant rendre sa décision dans les semaines à venir.
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