Faits Divers
Une mère en colère, une foule en blanc : à Narbonne, l’hommage à Louis vire à la revendication politique
Des milliers de personnes ont marché dimanche dans les rues de Narbonne pour dire adieu à Louis, 17 ans, battu à mort fin juin. Sa mère, anonyme, a…

Des milliers de personnes ont marché dimanche dans les rues de Narbonne pour dire adieu à Louis, 17 ans, battu à mort fin juin. Sa mère, anonyme, a profité de cette marche blanche pour réclamer des peines beaucoup plus lourdes pour les agresseurs, sous les yeux des figures de l’extrême droite française.
La ville de Narbonne a vécu un dimanche sous tension. Environ 4 500 personnes, vêtues de blanc pour la plupart, ont parcouru le chemin menant de la mairie jusqu’au chantier où le corps de Louis avait été abandonné après l’agression. L’adolescent est mort trois jours plus tard à l’hôpital, sans avoir repris connaissance. Dans le cortège, on comptait près de 400 militants identitaires, un chiffre en hausse par rapport à la semaine précédente. La famille de Louis avait alors refusé de s’associer à ce premier rassemblement pour éviter toute récupération politique. Cette fois, le décor était planté autrement.
Des slogans durs ont fusé dans la foule. « La racaille en prison, ni oubli ni pardon », ou encore « Français, défends-toi, tu es ici chez toi ». Des drapeaux tricolores flottaient au-dessus des têtes. La mère de Louis a pris la parole, visiblement bouleversée. Elle a expliqué qu’elle ne voulait plus entendre parler d’excuses liées à la minorité des suspects. Son fils avait une vie à construire, un avenir à créer. Elle a lancé que les assassins ne devraient pas se contenter de huit, dix ou vingt ans de prison, surtout avec des remises de peine pour bonne conduite. La foule a applaudi quand elle a promis de se battre pour qu’ils prennent trente ans de peine ferme, incompressible. Elle a même parlé de redonner tout son sens au mot perpétuité.
Cinq jeunes sont aujourd’hui mis en examen pour tentative d’assassinat. Trois d’entre eux sont mineurs, âgés de 16 à 19 ans. Ils ont tous été placés en détention provisoire. Pourtant, dans la foule, certains sont allés encore plus loin. Des cris de « Peine de mort ! » ont retenti tout au long du parcours. Une marche qui s’est voulue un hommage mais qui a aussi servi de tribune politique. La présence d’Éric Zemmour et de Marion Maréchal-Le Pen, tous deux candidats ou figures de l’extrême droite, a renforcé cette dimension. La veille, à Carcassonne, le père de Louis avait organisé un autre hommage, plus sobre et moins marqué politiquement, avec environ 500 participants. Deux ambiances, deux lectures d’un même drame qui divise la France.
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