Politique
Dix anciennes collégiennes racontent l’emprise de leur professeur de français
Un professeur de français est jugé à Gap pour avoir violé ou agressé sexuellement dix de ses élèves, âgées de 13 à 15 ans. Certaines ont été soumises à un…


Un professeur de français est jugé à Gap pour avoir violé ou agressé sexuellement dix de ses élèves, âgées de 13 à 15 ans. Certaines ont été soumises à un rapport de domination et à un contrat inspiré du film Cinquante nuances de Grey.
Le procès s’est ouvert lundi devant la cour criminelle des Hautes-Alpes. L’accusé, un homme de 40 ans, comparaît libre sous contrôle judiciaire. Il doit répondre de viols sur quatre collégiennes avec circonstances aggravantes, dont sa position d’autorité, d’agressions sexuelles sur six autres, et de détention d’images pédopornographiques. Les faits se sont déroulés dans un collège de l’Argentière-la-Bessée, près de Briançon, où il enseignait le français dans les années 2010. Dès l’ouverture, le huis clos a été ordonné pour toute la semaine. Plusieurs jeunes filles, parties civiles, étaient en larmes.
L’enquête a mis au jour des mécanismes d’emprise glaçants. Le professeur, décrit comme immature, multipliait les massages d’épaules et les attouchements en classe, et tenait des propos salaces. Avec plusieurs élèves, il imposait une relation teintée de violences : poignets attachés, gifles, fessées. Un véritable rapport de dominant à dominée, parfois cadré par un contrat écrit, directement inspiré du film *Cinquante nuances de Grey*. Pour les avocates des victimes, ces jeunes filles, alors en cinquième, ne pouvaient pas remettre en cause l’autorité d’un adulte, encore moins d’un professeur. C’est la perspective d’un voyage scolaire qui les a poussées à parler, par peur de se retrouver seules avec lui.
Les conséquences sur la vie de ces adolescentes ont été lourdes. Plusieurs ont développé des symptômes d’anorexie, de dépression et de stress post-traumatique. L’ancien enseignant, qui encourt vingt ans de prison, a déclaré aux enquêteurs que les rapports étaient consentis et qu’il n’avait rien fait de mal. Il a simplement reconnu être immature et avoir du mal à mettre de la distance avec ses élèves. La justice estime que les victimes, en raison de leur âge, ne pouvaient pas consentir à ces relations, surtout avec un professeur en position d’autorité. L’instruction a été longue, et les parties civiles attendaient ce procès depuis des années. Aujourd’hui, l’accusé est interdit d’exercer au contact de mineurs, inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles, mais il travaille comme moniteur éducateur dans une association accueillant des personnes handicapées, y compris des mineurs de façon exceptionnelle.
À lire aussi





PolitiqueEn Ligne 5 joursLes députés rejettent le budget 2027, Lecornu face à un casse-tête



Faits DiversEn Ligne 2 joursMimi Marchand jette l’éponge en pleine audience, Karine Le Marchand vide son sac



SociétéEn Ligne 6 joursTrois mille remplaçants débarquent dans les lycées les plus tendus



Faits DiversEn Ligne 6 joursRima Hassan porte plainte après une vidéo où un fusil est braqué vers la caméra



MondeEn Ligne 6 joursSantiago ensevelie sous la boue, un quartier cossu déclaré zone de catastrophe



EuropeEn Ligne 4 joursTrump réclame un nouveau président en Ukraine et Zelensky dénonce un écran de fumée



ÉconomieEn Ligne 7 joursCarburant, la CGT serre les vannes dans les raffineries TotalEnergies



PolitiqueEn Ligne 6 joursLe Rassemblement national rate sa journée à l’Assemblée, bloqué par la gauche et le centre








