Faits Divers
Pêche française le combat pour des navires neufs et plus sûrs
Le président du comité national des pêches tire la sonnette d’alarme. Il réclame des aides et une révision des règles européennes pour renouveler une…


Le président du comité national des pêches tire la sonnette d’alarme. Il réclame des aides et une révision des règles européennes pour renouveler une flotte vieillissante et dangereuse.
La flotte de pêche française a pris un sacré coup de vieux. Avec des bateaux qui affichent en moyenne plus de 30 ans d’âge, le secteur se retrouve coincé entre l’urgence climatique et la sécurité des marins. Olivier Le Nézet, le patron du comité national des pêches, le dit sans détour. Le modèle économique actuel ne tient plus. Un navire qui coûtait trois millions d’euros il y a dix ans en vaut aujourd’hui le double. Et pourtant, les pêcheurs doivent composer avec des aides publiques quasi inexistantes pour renouveler leurs embarcations. Résultat la transition énergétique patine et les jeunes peinent à s’engager dans un métier où les outils de travail datent d’une autre époque.
Les règles européennes sont pointées du doigt. Depuis 2000, la flotte française a perdu 35% de ses navires, une baisse voulue pour préserver les stocks de poissons. Mais cette bonne intention s’est transformée en frein à la modernisation. Concrètement, seuls les pêcheurs de moins de 40 ans peuvent obtenir une aide pour acheter un bateau d’occasion, et encore avec un plafond de 75 000 euros pour un navire de moins de 12 mètres. Un marin de 45 ans qui voudrait remplacer son vieux rafiot n’a droit à rien. Le seul espoir est de vendre son bateau actuel, mais là encore tout se complique. Si on cède la coque sans les licences et les quotas, l’apport financier est dérisoire. Si on vend avec tout, on perd ses droits de pêche sans garantie de les récupérer. Un vrai casse-tête que les pêcheurs qualifient d’absurde.
Pour avancer, Olivier Le Nézet réclame une révision en profondeur de la politique commune de la pêche. Il ne s’agit pas d’augmenter la capacité de pêche, mais de permettre la construction de bateaux plus grands pour embarquer des batteries électriques ou des isolations phoniques, et moins larges pour consommer moins d’énergie. Le problème aujourd’hui c’est que la jauge et la puissance sont les seuls critères pour mesurer l’effort de pêche. Les espaces dédiés au confort et à la sécurité des équipages sont comptés comme de la capacité de capture. Plusieurs pays, dont la France, veulent changer ça. En attendant, seuls les Outre-mer ont obtenu des dérogations, avec des aides au renouvellement. Mais ailleurs, les pêcheurs restent coincés entre des navires trop vieux et des règles trop rigides. L’urgence est là pour la planète, pour les marins et pour l’avenir de la pêche française.
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