Économie
L’or noir dévisse après une percée diplomatique entre Washington et Téhéran

Les cours du pétrole ont chuté mercredi après l’annonce par Donald Trump de « grands progrès » dans les négociations avec l’Iran et la suspension de l’opération d’escorte navale dans le détroit d’Ormuz, un dispositif qui avait ravivé les tensions régionales.
Vers 09h20 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet reculait de 6,25%, à 103,00 dollars. Son homologue américain, le West Texas Intermediate pour livraison en juin, perdait 6,87%, à 95,24 dollars. Le président américain a justifié cette suspension par « l’énorme succès militaire » et les « progrès accomplis en vue d’un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens », selon un message publié sur son réseau Truth Social. Lancée lundi, cette opération visait à permettre aux navires bloqués dans le Golfe de traverser le détroit d’Ormuz, dont Téhéran paralysait le trafic depuis le début du conflit au Moyen-Orient pour faire pression sur les États-Unis.
La tendance baissière s’est accentuée après des informations du site Axios selon lesquelles la Maison-Blanche estimait être proche d’un accord avec l’Iran sur un mémorandum d’entente d’une page, destiné à mettre fin à la guerre et à établir un cadre pour des négociations nucléaires plus détaillées. « Le marché pétrolier semble croire au récit d’un accord de paix qui s’est rapproché », a commenté Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management. Peu importe que cette perspective vienne de l’Iran ou des États-Unis, a-t-il précisé, le marché réagit de la même manière.
Un retour à la normale des flux de pétrole transitant par le détroit d’Ormuz est jugé « crucial » par les analystes d’ING, car les volumes exportés depuis le Golfe ont chuté d’environ 13 millions de barils par jour. Le marché doit compenser cette perte par des réserves, qui s’épuisent à un rythme soutenu. Sans solution, avertissent-ils, « le marché devient plus vulnérable chaque jour qui passe ».
Si la rhétorique américaine semble privilégier l’apaisement, M. Rasmussen met en garde contre une possible résurgence du conflit. Les États-Unis avaient affirmé mardi être prêts à relancer les hostilités en cas de riposte iranienne à leur dispositif d’escorte, après des accrochages avec des navires et des frappes sur les Émirats arabes unis.

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