Société
Damien Aspe en cage pour dénoncer l’emprise numérique

L’artiste contemporain s’est volontairement enfermé dans une cellule vitrée à Toulouse, pour alerter sur la mainmise des géants du numérique sur la société.
Vêtu d’une combinaison orange frappée de l’inscription « GAFAM Penitentiary », Damien Aspe a choisi de passer trente jours dans une cage métallique installée dans la vitrine de sa galerie toulousaine. L’artiste de 53 ans entend ainsi dénoncer l’emprise croissante des grandes firmes technologiques, qu’il juge responsables d’un nouveau type d’enfermement mental et social. « Qui détient le numérique, détient le monde », affirme-t-il, soulignant que les citoyens sont devenus prisonniers d’un système qu’ils n’ont pas choisi.
Sa performance interroge plus largement la place des réseaux sociaux et des algorithmes dans la vie quotidienne. Pour Damien Aspe, le numérique représente certes une avancée, mais il constitue aussi « un facteur d’isolement social ». Il déplore que « la pensée soit cadrée par les réseaux sociaux et leurs algorithmes », et que « l’information soit très guidée ». L’artiste, originaire de Toulouse, espère ainsi sensibiliser les jeunes générations aux enjeux de la liberté d’expression et du contrôle contemporain.
Durant son enfermement, il ne s’accorde qu’une heure de promenade matin et soir, ainsi que deux jours de parloir ouverts au public pour échanger. Ce jeûne volontaire de liberté se conclura le 27 mai par un procès fictif intenté par les Gafam pour « violation des règles d’utilisation ». Ce simulacre, avec un véritable avocat et un procureur à la retraite, sera accessible à tous. L’artiste explique que cette mise en scène fait suite à la censure d’une de ses œuvres générées par l’intelligence artificielle, intitulée « L’autocratie guidant ses ouailles », retirée des plateformes pour non-respect des normes sur la nudité. Il s’est inspiré du célèbre tableau d’Eugène Delacroix « La Liberté guidant le peuple », qu’il considère comme le premier exemple de photojournalisme de l’histoire, et souhaite ainsi témoigner de son époque.

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