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La face cachée d’une loge maçonnique devant la cour d’assises

_**Un procès hors norme s’ouvre à Paris, mettant en lumière la dérive criminelle d’un réseau issu d’une obédience discrète, impliqué dans une série de violences commanditées.**_
Vingt-deux individus comparaissent pour des faits d’une gravité exceptionnelle, allant jusqu’au meurtre avec préméditation. Parmi les accusés figurent d’anciens militaires des services spéciaux, un ex-fonctionnaire du renseignement intérieur et plusieurs chefs d’entreprise. Ils risquent la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir constitué une organisation criminelle ayant planifié l’assassinat d’un pilote automobile et tenté d’en supprimer deux autres personnes.
L’affaire, d’une complexité remarquable, trouve son origine dans une tentative de meurtre avortée en juillet 2020. L’enquête a révélé que les deux militaires interpellés croyaient agir pour le compte de l’État contre un agent étranger, alors qu’ils avaient été induits en erreur sur la véritable identité de leur cible, une consultante en management.
Cette femme, Marie-Hélène Dini, était en réalité la concurrente professionnelle de Jean-Luc Bagur, alors responsable d’une loge maçonnique basée à Puteaux, depuis dissoute. Ce dernier aurait commandité son élimination pour la somme de soixante-dix mille euros, confiant la tâche à un autre membre de la fraternité, Frédéric Vaglio, présenté comme l’intermédiaire central du réseau.
Les investigations ont mis au jour un système où les commandes criminelles, transmises par cet intermédiaire, étaient exécutées sous la direction de Daniel Beaulieu, ancien cadre de la police du renseignement. Cet homme, reconverti dans le secteur privé, supervisait des opérations de plus en plus violentes, depuis des actes d’intimidation et des dégradations jusqu’à un homicide.
Le passage à l’acte mortel est survenu en novembre 2018 avec la mort de Laurent Pasquali, un pilote automobile, dans le cadre d’un recouvrement de créances. L’exécutant présumé de la plupart des violences, Sébastien Leroy, un agent de sécurité, a déclaré aux enquêteurs avoir été progressivement enrôlé et manipulé en lui faisant miroiter une collaboration avec les services de l’État.
L’échec de la tentative contre la consultante a permis de déjouer un autre projet criminel visant un syndicaliste associé au mouvement des « gilets jaunes », Hassan Touzani, jugé trop encombrant par certains membres du réseau. L’instruction a établi que les mêmes protagonistes avaient planifié son élimination.
Les avocats des parties civiles soulignent le caractère troublant de cette affaire, où des individus issus d’institutions dédiées à la protection de la société ont détourné leurs compétences à des fins criminelles. La défense de l’un des principaux accusés indique que son client, dont l’état de santé s’est dégradé à la suite d’un geste désespéré en détention, présentera sa version des faits lors des débats. Le procès, qui s’annonce comme une plongée dans les mécanismes de l’emprise et du détournement de l’autorité, se déroulera pendant plusieurs semaines.

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