Économie
La Fed dans l’impasse, Powell plus solidement installé que jamais

L’acharnement de Donald Trump à évincer le président de la Réserve fédérale pourrait paradoxalement consolider la position de ce dernier. Le processus de succession est au point mort, exposant les tensions entre la Maison Blanche et l’institution monétaire.
La transition à la tête de la banque centrale américaine s’apparente désormais à un bras de fer institutionnel. Le mandat de Jerome Powell, dont le terme est prévu pour la fin du mois de mai, pourrait en réalité se prolonger bien au-delà, en raison des blocages politiques engendrés par l’exécutif. Nommé initialement par Donald Trump puis reconduit par Joe Biden, le président de la Fed est depuis le retour au pouvoir du républicain la cible d’attaques répétées, l’accusant d’incompétence et réclamant une politique de taux plus accommodante.
Les tentatives pour le pousser vers la sortie, incluant une visite présidentielle polémique sur un chantier de rénovation du siège et le lancement d’une enquête judiciaire par une procureure proche de l’administration, ont eu un effet contraire à celui escompté. La révélation de ces pressions a provoqué un mouvement de soutien au sein des milieux économiques et jusqu’au Congrès, où des élus républicains ont exprimé leur inquiétude. La désignation de Kevin Warsh comme successeur potentiel, fin janvier, n’a pas suffi à débloquer la situation.
L’obstacle principal réside au Sénat, où un sénateur républicain a annoncé son intention de s’opposer à toute confirmation tant que l’action en justice visant Jerome Powell ne serait pas définitivement close. Un juge a depuis rejeté cette procédure, la qualifiant de harcèlement, mais la procureure concernée ayant fait part de son intention de faire appel, le processus législatif reste suspendu. Cette impasse offre à Jerome Powell la possibilité de demeurer à son poste présidentiel par intérim.
Au-delà, une autre option se profile. Même si un nouveau président était finalement installé, Jerome Powell pourrait choisir de conserver son siège de gouverneur, un mandat qui court jusqu’en 2028. Une telle décision, contraire à la tradition qui veut qu’un ancien dirigeant quitte l’institution, serait perçue comme une manœuvre pour préserver l’indépendance de la Fed face aux pressions politiques. Le principal intéressé a d’ailleurs récemment laissé entendre qu’il ne quitterait pas la banque centrale avant que toute procédure judiciaire ne soit irrévocablement terminée, renforçant ainsi l’idée d’un ancrage durable.

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