Culture
La littérature péruvienne perd l’une de ses voix majeures avec Alfredo Bryce Echenique

L’écrivain, figure incontournable des lettres latino-américaines, s’est éteint à l’âge de quatre-vingt-sept ans. Son œuvre, traduite dans de nombreuses langues, laisse une empreinte profonde.
La disparition d’Alfredo Bryce Echenique a été annoncée ce mardi par la Maison de la littérature péruvienne. L’institution a salué la mémoire de l’un des auteurs les plus marquants de la scène littéraire nationale contemporaine. Né à Lima en 1939, l’écrivain s’est imposé comme une référence majeure, aux côtés de son ami Mario Vargas Llosa, par une production romanesque abondante et saluée par la critique.
Son premier grand succès, *Un monde pour Julius*, publié en 1970 et adapté au cinéma, lui a valu une reconnaissance immédiate. Des titres comme *Ne m’attendez pas en avril*, *Guide triste de Paris* ou *La Vie exagérée de Martin Romaña* ont ensuite confirmé son talent de narrateur, lui assurant une large audience internationale. Son style, à la fois ironique et profondément humain, a fait de ses livres des œuvres largement traduites, notamment en Europe.
La présidence péruvienne a rendu hommage à une plume laissant « un héritage éternel ». La Chaire Vargas Llosa a, pour sa part, souligné le caractère « singulier et attachant » de son écriture au sein du panorama culturel hispano-américain. Bryce Echenique lui-même avait exprimé sa tristesse après le décès de Vargas Llosa en avril dernier, saluant en lui un ambassadeur exceptionnel de la culture péruvienne.
Juriste de formation avant d’obtenir un doctorat en lettres, l’auteur a passé une grande partie de sa vie en Europe, enseignant en Espagne et en France. Ces dernières années, il vivait retiré de la vie publique. Il luttait depuis plusieurs années contre un cancer, et son état de santé s’était récemment dégradé à la suite de complications pulmonaires.
Son dernier ouvrage, *Permis de me retirer*, paru en 2021, constituait le troisième volet de ses « Antimémoires », un projet autobiographique inspiré de l’œuvre d’André Malraux. Dans un entretien accordé il y a plusieurs années, Alfredo Bryce Echenique se définissait avant tout comme un « conteur d’histoires », une vocation qu’il disait porter depuis l’enfance. Son départ laisse un vide considérable dans le paysage littéraire.

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