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Économie

Le Bade-Wurtemberg, premier scrutin-test pour la majorité de Merz

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Les élections régionales de ce dimanche dans le Land du sud-ouest de l’Allemagne constituent un premier baromètre politique pour le chancelier. Son parti, la CDU, y affronte les Verts au pouvoir et tente de contenir la progression de l’extrême droite.

Le scrutin qui se tient ce week-end dans le Bade-Wurtemberg revêt une importance stratégique pour la coalition gouvernementale fédérale. Un an après des législatives nationales serrées, la CDU du chancelier Friedrich Merz cherche à s’imposer dans ce Land prospère, traditionnellement dirigé par une alliance inédite entre conservateurs et écologistes. Les derniers sondages placent les deux formations au coude à coude, avec environ 28% d’intentions de vote chacune.

La campagne se déroule dans un contexte de forte pression pour le parti chrétien-démocrate. Au niveau national comme dans plusieurs régions, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) réalise des scores historiques, flirtant avec 25% des suffrages. Dans le Bade-Wurtemberg, la formation d’extrême droite pourrait atteindre un niveau sans précédent, entre 18 et 20%. Un résultat qui confirmerait son ancrage dans l’ouest du pays, après ses succès répétés dans l’est.

Pour la CDU, une défaite serait perçue comme un signal négatif à quelques mois d’élections régionales cruciales prévues à l’automne en Saxe et dans le Brandebourg, où l’AfD est donnée favorite. Le parti du chancelier mène une campagne axée sur une politique migratoire restrictive, dans l’espoir de reconquérir une partie de l’électorat perdu au profit de l’extrême droite, sans aliéner sa base centriste.

L’enjeu économique est également central dans cette région, berceau de l’industrie automobile allemande. Les constructeurs Mercedes-Benz et Porsche y emploient des centaines de milliers de personnes, mais le secteur traverse une crise profonde, marquée par des restructurations, une concurrence internationale accrue et des défis technologiques. Les principaux candidats ont tous placé la compétitivité industrielle au cœur de leurs propositions.

Le chef de file des Verts, Cem Özdemir, ministre fédéral expérimenté et figure populaire, brigue la succession de son prédécesseur écologiste après quinze ans de direction du Land. Face à lui, le candidat de la CDU, Manuel Hagel, a vu sa campagne perturbée par des révélations sur d’anciennes déclarations. La campagne a par ailleurs été marquée par le déplacement à Washington d’un élu régional de l’AfD, qui s’est affiché avec des soutiens de l’ancien président américain Donald Trump peu après la visite officielle du chancelier Merz.

L’issue du vote sera scrutée bien au-delà des frontières du Land, car elle pourrait redéfinir les équilibres politiques en vue des prochaines échéances nationales.

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