Monde
La Cité Merveilleuse d’Odessa, un quotidien suspendu au ronron des générateurs

Dans un vaste ensemble résidentiel du sud de l’Ukraine, la vie des habitants s’organise autour d’une seule préoccupation, l’approvisionnement en électricité, dans un contexte de destructions répétées et de privations prolongées.
Au cœur d’Odessa, le vaste complexe immobilier baptisé à son inauguration Cité Merveilleuse incarne désormais les épreuves traversées par la métropole portuaire. Les trois tours d’habitation, qui abritent plus d’un millier de foyers, sont désormais enveloppées du bourdonnement constant de groupes électrogènes. Le vent glacial de l’hiver balaie les cours, où ces machines sont devenues le centre névralgique d’une existence réduite à sa plus simple expression.
Cet ensemble, symbole d’une ère de prospérité post-soviétique, a été frappé de plein fouet par les récents événements. Une attaque survenue début février a provoqué d’importants dégâts matériels, causé plusieurs victimes et accentué la précarité des lieux. Désormais, le quotidien des résidents est entièrement tributaire de ces sources d’énergie de fortune. Il faut les approvisionner en carburant, veiller à leur maintenance, tandis que les coupures du réseau principal, endommagé par des frappes antérieures, sont annoncées comme devant durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
Pour Iouri Stepanets, résident tétraplégique très actif dans la solidarité de voisinage, cette situation aggrave les difficultés de mobilité dans des immeubles où les ascenseurs sont à l’arrêt. Comme beaucoup à Odessa, il estime que l’hiver qui s’achève a été le plus rude depuis le début du conflit. La ville, relativement préservée lors des premières hostilités, subit désormais des attaques régulières ciblant ses infrastructures civiles, plongeant des dizaines de milliers de personnes dans le froid et l’obscurité.
Parmi les habitants se trouve Natalia Tioupina. Cette musicienne professionnelle a dû quitter Kherson en 2022 avec sa mère âgée. Réfugiée dans la cité, elle occupe aujourd’hui un emploi de concierge. Son instrument de musique, un alto, reste enfermé dans son étui, symbole d’une vie artistique mise en suspens. Son existence, à l’instar de celle de ses voisins, se résume à une gestion au jour le jour, rythmée par les créneaux où l’électricité permet les tâches essentielles.
Volodymyr Khokhlov, programmeur et père de quatre enfants, consacre lui aussi l’essentiel de son temps à assurer le fonctionnement du générateur qui maintient un minimum de confort pour sa famille. S’il affiche une détermination de façade, il confie une forme d’engourdissement émotionnel face à une réalité qui semble s’installer dans la durée. La perspective d’une prolongation du conflit au-delà de l’année 2026 plane sur cette communauté, où chacun tente de préserver un semblant de normalité, un jour après l’autre.

PolitiqueEn Ligne 4 joursHollande recadre le débat sur les violences et refuse de tout imputer à LFI
PolitiqueEn Ligne 6 joursVinted, eBay et Leboncoin sous pression après les pillages du week-end
SociétéEn Ligne 4 joursÀ Ulm, le blocage devient une école de la critique
PolitiqueEn Ligne 6 joursAprès les violences, le RN veut incarner l’ordre
SociétéEn Ligne 5 joursLa CFDT réclame cent euros de plus pour tous et dénonce dix ans de verticalité
SociétéEn Ligne 5 joursLes livreurs veulent pouvoir échapper aux manifs sans perdre leur paie
PolitiqueEn Ligne 5 joursUltragauche, extrême gauche radicale et jeunes des quartiers, une alliance inédite dans les violences
Faits DiversEn Ligne 2 joursTrappes alerte sur les mots qui précèdent les balles
















