Monde
La Côte d’Ivoire aux urnes pour une présidentielle sous haute tension

Le président sortant Alassane Ouattara apparaît comme le grand favori d’un scrutin marqué par l’absence des principales figures de l’opposition, dans un climat de craintes et de fortes mesures sécuritaires.
Les électeurs ivoiriens se rendent aux urnes ce samedi pour choisir leur prochain chef de l’État. Le président sortant Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2011, brigue un quatrième mandat face à une opposition affaiblie par l’exclusion de ses principaux leaders. Près de neuf millions de citoyens sont appelés à se prononcer dans ce pays considéré comme un havre de stabilité dans une région confrontée à l’instabilité.
La configuration du scrutin semble avantager le candidat sortant, âgé de 83 ans, que la plupart des observateurs donnent vainqueur dès le premier tour. L’absence de Laurent Gbagbo et de Tidjane Thiam, dont les candidatures ont été rejetées pour des raisons administratives, prive en effet la compétition électorale de ses principaux challengers. Ces dernières semaines, leurs partisans ont manifesté leur mécontentement, mais les autorités ont interdit les rassemblements de protestation au nom de la préservation de l’ordre public.
Le souvenir des violences post-électorales de 2010 et 2020 plane sur ce scrutin. Les autorités ont déployé un important dispositif sécuritaire, avec 44 000 forces de l’ordre mobilisées sur l’ensemble du territoire. Si des incidents ont été rapportés dans certaines régions traditionnellement hostiles au pouvoir, la capitale économique Abidjan est restée calme en cette veille de vote. Un couvre-feu a toutefois été instauré à Yamoussoukro, la capitale politique.
Cinq candidats sont en lice pour la magistrature suprême. Face au président sortant, l’opposition présente quatre prétendants, dont l’ancienne première dame Simone Gbagbo et l’ex-ministre Jean-Louis Billon. Aucun ne dispose cependant de la stature ni des moyens du RHDP, le parti au pouvoir. La question de la participation constitue l’un des enjeux majeurs de cette élection, particulièrement dans les régions nord du pays, bastion traditionnel du président sortant.
Alors que les résultats sont attendus en début de semaine prochaine, de nombreux observateurs nationaux et internationaux suivent le déroulement des opérations de vote. L’attention se porte également sur la réaction des différents camps à l’issue du scrutin, dans un pays où la mémoire des crises passées reste vive dans les esprits.

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