Monde
Washington sanctionne des magistrats de la CPI au nom de la sécurité nationale

Les États-Unis durcissent leur position contre la Cour pénale internationale, visant des juges impliqués dans des enquêtes concernant leurs soldats et des responsables israéliens, une décision condamnée par Paris et l’institution judiciaire elle-même.
Les États-Unis ont adopté de nouvelles mesures restrictives à l’encontre de quatre magistrats de la Cour pénale internationale, les accusant de mener des procédures illégitimes visant des ressortissants américains et israéliens. Cette décision, annoncée par le département d’État, s’inscrit dans une escalade des tensions entre Washington et la juridiction basée à La Haye.
Parmi les personnes visées figurent un juge français, Nicolas Guillou, actuellement en charge du dossier relatif aux mandats d’arrêt visant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense, ainsi qu’une juge canadienne impliquée dans l’enquête sur des exactions présumées commises par des militaires américains en Afghanistan. Deux procureures adjointes originaires des Fidji et du Sénégal sont également concernées.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a justifié ces sanctions en affirmant que la CPI représentait une « menace pour la sécurité nationale » et servait d’« instrument de guerre juridique » contre les intérêts américains et israéliens. Les personnes ciblées se voient interdire l’accès au territoire américain et toute transaction financière avec des entités situées aux États-Unis.
La Cour a vivement réagi, dénonçant une « attaque flagrante contre l’indépendance de la justice ». De son côté, le gouvernement français a fait part de sa consternation, réaffirmant son attachement au principe d’autonomie judiciaire et exprimant sa solidarité envers les magistrats sanctionnés.
Israël a salué la position américaine, y voyant une défense de la « vérité et de la justice » face à ce qu’il qualifie de campagne de diffamation. Ni Washington ni Tel-Aviv ne reconnaissent la compétence de la CPI, qui continue pourtant d’avancer dans ses enquêtes malgré les pressions diplomatiques et économiques.

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