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Le Conseil constitutionnel entérine une réforme majeure du scrutin municipal dans les trois plus grandes villes de France

Les électeurs de Paris, Lyon et Marseille devront désormais glisser deux bulletins dans l’urne lors des prochaines municipales, marquant la fin d’un système en vigueur depuis quatre décennies.
Le plus haut juge de l’État a rendu jeudi une décision attendue, validant sans réserve le nouveau mode d’élection des conseillers municipaux dans les trois métropoles françaises les plus peuplées. Dès 2026, les Parisiens, Lyonnais et Marseillais voteront simultanément pour leurs représentants d’arrondissement et pour ceux siégeant au conseil municipal central, mettant un terme au mécanisme hérité de la loi PLM de 1982.
Cette refonte, adoptée par le Parlement en juillet malgré les réticences du Sénat, répond à un objectif affiché de meilleure représentation des sensibilités politiques. Le système précédent, fondé sur une prime majoritaire de 50 % dans chaque circonscription locale, avait souvent produit des distorsions entre les résultats globaux et la composition des assemblées municipales. Les promoteurs du texte y voyaient une anomalie démocratique, désormais corrigée.
À Lyon, la complexité sera accrue par l’organisation concomitante du scrutin métropolitain, créant un cas unique de triple élection. Les Sages ont toutefois estimé que ces nouvelles modalités restaient accessibles aux citoyens.
Les réactions politiques reflètent les clivages habituels. Si la majorité présidentielle salue une avancée pour la transparence, l’opposition de gauche dénonce une manœuvre destinée à favoriser certains candidats, à l’image de Rachida Dati à Paris. La maire sortante Anne Hidalgo avait vivement combattu ce projet, craignant un déséquilibre institutionnel entre mairie centrale et arrondissements.
À Marseille, le maire socialiste Benoît Payan a paradoxalement soutenu la réforme, y voyant une juste correction des déséquilibres passés, quand ses adversaires locaux LR et Renaissance s’y opposaient. À Lyon, Grégory Doucet (EELV) fustige quant à lui une mesure « mal ficelée », tandis que Jean-Michel Aulas pourrait en tirer bénéfice.
Ce changement pourrait également modifier la donne pour le Rassemblement national, jusqu’ici quasiment absent du Conseil de Paris malgré des scores significatifs. La prochaine échéance municipale s’annonce d’ores et déjà comme un test grandeur nature pour ce nouveau dispositif électoral.

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