Culture
Jacques Glénat privé de ses décorations nationales après sa condamnation fiscale

L’éditeur grenoblois, reconnu coupable de fraude aggravée, se voit retirer pour six ans ses titres de chevalier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite.
Deux décrets présidentiels, publiés jeudi au Journal officiel, sanctionnent Jacques Glénat, fondateur des célèbres éditions de bande dessinée éponymes. L’homme de 73 ans, condamné en 2021 à 18 mois de prison avec sursis pour évasion fiscale, ne pourra plus exercer les droits liés à ses distinctions honorifiques durant six ans. Il lui est également interdit de porter les insignes de toute décoration française ou étrangère relevant de la grande chancellerie.
Cette mesure s’inscrit dans le cadre des dispositions prévues par le code de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite, qui autorisent la suspension ou l’exclusion en cas de condamnation pénale. Les faits reprochés à l’éditeur remontent à un montage financier complexe, révélé par les Panama Papers en 2016. Il avait alors été établi qu’il détenait une société basée aux Seychelles, utilisée pour acquérir des œuvres d’art tout en dissimulant son patrimoine.
Lors de son procès, Jacques Glénat avait reconnu sa responsabilité dans cette affaire de blanchiment de fraude fiscale aggravée. Le Parquet national financier avait souligné la sophistication du dispositif mis en place dès 1997, impliquant plusieurs sociétés écrans en Belgique et dans des paradis fiscaux. Le préjudice pour le Trésor public avait été estimé à 2,2 millions d’euros.
Distingué en 2018 par Emmanuel Macron, l’éditeur perd désormais les marques de reconnaissance nationale qui lui avaient été accordées. Cette décision illustre la rigueur appliquée aux titulaires de décorations confrontés à des manquements graves à la loi.

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