Monde
Washington resserre l’étau sur Caracas par des sanctions et une saisie en mer


Le gouvernement américain frappe de nouvelles cibles proches du pouvoir vénézuélien et s’empare d’un pétrolier. Le président Maduro dénonce un acte de « piraterie » et reçoit le soutien de Moscou.
L’administration américaine a durci sa pression sur le Venezuela ce jeudi en annonçant un train de sanctions économiques et en confirmant la saisie d’un navire pétrolier en mer des Caraïbes. Ces mesures ciblent directement l’entourage du président Nicolas Maduro et les circuits d’exportation d’hydrocarbures, principale ressource du pays.
Le département du Trésor a gelé les avoirs et interdit toute transaction avec trois neveux de l’épouse du chef de l’État, un homme d’affaires panaméen et six compagnies maritimes. Ces entités sont accusées de participer à un trafic de stupéfiants ou de faciliter les ventes de pétrole vénézuélien, contournant l’embargo décrété par Washington en 2019.
Cette annonce fait suite à l’arraisonnement, la veille, du pétrolier Skipper par les forces américaines. Selon les autorités des États-Unis, le navire transportait du brut issu du Venezuela et de l’Iran à destination de Cuba. Une opération militaire filmée et diffusée publiquement, montrant des soldats prenant le contrôle du bâtiment depuis un hélicoptère.
Le président vénézuélien a vivement réagi lors d’une allocution télévisée, qualifiant cet acte de « piraterie maritime criminelle ». Il a assuré que Caracas engagerait les procédures juridiques et diplomatiques nécessaires, soulignant que la cargaison, évaluée à près de deux millions de barils, avait été préalablement payée.
La Maison Blanche justifie cette action par sa détermination à ne pas laisser des « régimes voyous » profiter du commerce illicite d’hydrocarbures, dont les revenus, selon elle, alimenteraient le narcoterrorisme. La porte-parole de l’exécutif américain a reconnu que la saisie de la cargaison soulevait des questions légales, tout en affirmant l’intention des États-Unis de s’en emparer.
Cette escalade intervient dans un contexte de renforcement militaire américain dans la région depuis plusieurs mois. Elle marque une étape nouvelle dans la stratégie de pression maximale visant à priver le gouvernement de Caracas de ses ressources financières. Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a déclaré avoir mis en garde son homologue américain contre tout risque de conflit en Amérique latine.
Le Kremlin a pour sa part indiqué que le président russe Vladimir Poutine avait exprimé son soutien à Nicolas Maduro lors d’un entretien téléphonique, réaffirmant sa solidarité face aux pressions extérieures. Aux États-Unis, l’opposition démocrate s’est dite préoccupée par cette intensification et ses possibles conséquences régionales.





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